banner cimagine.jpg

riv bon

Alissia Ramel, fille de rallyman, en mode course lors du Rallye du Chablais

Le Rallye du Chablais sera quelque peu différent par rapport à d'habitude pour la famille Ramel de St-Maurice. Patrick et Nadia, les parents, verront leur fille Alissia pour la première fois dans un baquet de copilote, de façon officielle. La jeune fille a déjà baigné dans le sport auto - quand ses parents en font, c'est toujours plus facile - et a même participé aux côtés de son père à différentes courses, mais c'est la première fois qu'Alissia sera véritablement engagée en tant que concurrente d'un rallye tel que nous avons l'habitude d'en parler ici sur inforallye.ch. Fini la régularité, place à la course, la vraie, pour Alissia qui s'élancera pour la première fois sur les routes du Rallye du Chablais dans le baquet de droite d'une Citroën C2 R2. Rencontre avec elle à l'aube de cette première expérience.

Alissia, peux-tu te présenter en quelques mots ? Ta formation actuelle est dans le domaine automobile n’est-ce pas ?    
Je m’appelle Alissia. J’ai 19 ans. J’habite à St-Maurice. J’ai pratiqué pendant 11 ans du judo. J’ai grandi dans une famille qui est passionnée de sport auto. Et je suis actuellement en apprentissage de mécanicienne auto.

Tu as déjà goûté au sport auto par le passé mais pas encore en étant concurrent dans une épreuve. Qu’as-tu déjà fait comme séance de copilotage ?     
Avec Mathias Rossetti, mon futur pilote, nous nous sommes déjà vus pour s’entraîner à la prise des notes. Sinon je navigue mon papa dans des rallyes de régularité. L’année dernière, j’ai également ouvert, toujours avec mon papa, le Rallye du Chablais.

Ta famille a baigné dans le sport auto avec tes parents qui ont parcouru de nombreux rallyes. C’était normal de tomber là- dedans par la suite du coup ?          
« Normal », je ne sais pas mais moi j’ai été passionnée depuis toute petite et j’allais voir beaucoup de courses automobiles. J’ai donc toujours rêvé de pouvoir faire du rallye et ce rêve devient enfin réalité.

Tu seras aux côtés de Mathias Rossetti pour cette première expérience, on l’a dit. Comment en êtes-vous arrivés à rouler ensemble ? Avec la C2 ?           
Je cherchais un pilote qui avait de l’expérience afin de m’en apporter et je connaissais Mathias. Je lui ai proposé de faire un rallye ensemble et l’aventure a commencé. Le choix de la C2 était une évidence comme Mathias en possède une. Alors pour un début, ce sera parfait.

13613231 1033373623407391 2347186556634586359 o
Photo, Gea Daldini

Ce n’est pas trop stressant de se mettre dans le vrai rôle du copilote désormais ?   
Pour le moment non car j’ai la chance de pouvoir bénéficier de beaucoup de conseils de navigateurs expérimentés et Mathias m’aide énormément aussi.

Ton copain roule depuis quelques temps en slalom avec des résultats plus qu’intéressant. Vous envisagez de faire prochainement du rallye ensemble ?  
Nous avons déjà parlé de faire du rallye ensemble. Mais ce n’est pas un projet que nous avons dans l’immédiat. Mais pourquoi pas dans le futur.

22046861 491151314597669 4599060658285840993 n
Alissia et son copain Alex à l'occasion du Slalom de Drognens en 2017

Qu’est-ce que tu appréhendes le plus et au contraire qu’est ce qui te motive le plus dans cette nouvelle aventure ?               
Ce que j’appréhende le plus c’est de ne pas être à la hauteur de mon pilote. Ce qui me motive le plus c’est de pouvoir enfin réaliser mon rêve de petite fille aux côtés de Mathias.

Rencontre avec Sébastien Fleury au départ du prochain Rallye du Chablais

Le Rallye du Chablais, à la fin mai, fêtera ses 15 ans. Sébastien Fleury, amateur de sport automobile et plus particulièrement de rallye depuis sa tendre enfance, prendra part à l'épreuve pour la première fois de sa jeune carrière. Après une première expérience lors du dernier Rallye International du Valais, le régional de l'étape sera donc au dépat d'Aigle avec cette fois-ci la voiture qu'il a monté avec son ami José qui a troqué la place dans le baquet de droite initialement prévue pour celle de chef d'assistance. Avant la dernière ligne droite qui l'emmènera sur le podium de départ du Chablais, nous avons rencontré le quarantenaire qui se lance dans l'aventure qui lui a toujours fait rêver. Rencontre.

Sebastien, peux-tu te présenter ainsi que ton parcours en sport auto ?     
J’ai 45 ans, je suis marié et j’ai 3 enfants. Je suis responsable d’un service de transports dans une grande entreprise dans le Chablais. Depuis tout petit, j’ai toujours baigné dans la mécanique, mon père avait un garage. J’ai fait quelques slaloms en local dans les années 90 avec une R11 turbo, mais j’ai vite arrêté par manque de moyens financiers. J’ai remis le couvert entre 2001 et 2005 avec une Clio 16S et là j’ai commencé également la côte. J’ai à nouveau stoppé pour l’achat d’une maison. 12 ans plus tard, en 2017, j’ai été invité au Rallye du Chablais par une entreprise avec qui je travaille et à mon retour de cette journée, ma femme m’a dit que j’avais des étoiles pleins les yeux et elle m’a dit : « t’attends quoi pour recommencer ? » et là, ben gazzzzz, mais cette fois en rallye. J’ai fait mes 4 courses en 2017 afin d’avoir ma licence NAT. J’ai également participer au Rallye International du Valais 2017 au volant d’une Subaru GT, ce qui n’était pas du tout prévu car le pilote n’a pas pu se libérer à temps, mais cette voiture devait absolument prendre le départ, car c’était pour une association, donc … commande en urgence de la licence NAT (rires).

31421574 1833413663384736 828797897783902208 n
La Renault Clio de Sébastien Fleury

Tu seras au départ du Chablais, avec qui a tes côtés ?          
Normalement je devais rouler avec mon pote de toujours, José Gonzalez, mais malheureusement pour diverse raisons, il ne prendra pas le départ avec moi sur ce rallye, mais il aura en charge l’assistance. Du coup, je vais rouler avec Sandrine Lamoudru, qui a été également ma co-pilote au Rallye International du Valais l’an dernier et avec qui ça s’est super bien passé. Elle vraiment top, une vraie nounou (sourire).

23754848 1906962772653677 4315787214056551477 n
Le duo Sébastien Fleury / Sandrine Lamoudru lors du Rallye International du Valais 2017

Pourquoi le choix de la Clio pour le rallye ?   
Depuis tout petit j’ai toujours été un pro-Renault vu que mon papa avait un garage de cette marque. De plus, cette Clio est un vrai karting et l’entretien est relativement bon marché. Sans oublier qu’il existe beaucoup de pièces pour la faire évoluer.

Avec quels objectifs prends-tu part au rallye ?         
Nous faire plaisir et si possible être à l’arrivée.

Cette saison tu as prévu deux rallyes et une côte. Un budget déjà conséquent pour une voiture privée ou c’est encore supportable ?
Pour le moment c’est encore supportable, mais si une grosse casse (sortie ou mécanique) devait se produire, il y a de fortes chances que je ne puisse plus rouler cette année. J’ai quand même pas mal de chances, car j’ai trouvé quelques partenaires qui m’aident financièrement et que je remercie infiniment.

C’est toi qui t’occupe de la révision de la voiture ?   
Le 99% est fait par mon pote José Gonzalez, qui est le « Mac Gyver » de la mécanique. Il trouve toujours une solution. Sans lui, j’arrête de suite !!!

Quel est ton type de parcours que tu préfères ?        
J’aime beaucoup ce qui est technique et sec, car cette voiture est vraiment très maniable. Par contre j’aime pas du tout la pluie…

Quelles sont les qualités selon toi que tu retrouves dans le rallye et pas dans les autres disciplines ?     
Déjà tu dois apprendre à écouter la personne qui est côté car ce n’est plus du par cœur comme en slalom et en côte. Tu dois savoir rester concentré beaucoup plus longtemps. De plus, je suis entouré d’une super équipe avec qui on rigole beaucoup.

22829604 10155838645329181 7650003791271221349 o
La Subaru Impreza que le duo a étrenné lors du Rallye International du Valais 2017
Photo, Trusk Images

Quel est ton premier souvenir en rapport avec le rallye dont tu te souviens ?         
Je suis né à Chemin-Dessous, et dans les années 70-80, la spéciale du Col des Planches du fameux Rallye du Vin se terminait à 10 mètres de ma maison. Je voyais arriver ces fabuleuses groupes B avec des freins en flammes et l’odeur de la gomme cramée m’est restée et j’aime toujours autant ça ! Je me souviens d’Éric Ferreux et de Marc Surer avec sa superbe R5 turbo. Je trouve qu’il y avait beaucoup plus de spectacle en ce temps-là.

Si tu avais un seul rêve en rapport avec le rallye ce serait lequel ? 
Il y en a pas mal, mais le principal je pense…… pouvoir m’aligner un jour au Rallye International du Valais avec une R5.

Nicolas Glassey tirera sa révérence lors du Rallye du Chablais en Renault Clio R3T

Nicolas Glassey participera au Rallye du Chablais à la fin de ce mois dans le cadre du Clio R3T Alps Trophy. Une opportunité pour le pilote chablaisien de se mesurer à la concurrence féroce de ce trophée, mais aussi de marquer d'un point final sa carrière en sport automobile qu'il a débuté voilà trente ans déjà. Nicolas, au moment de raccrocher son casque, nous dresse son portait, nous explique le choix du trophée Renault mais également ses meilleurs souvenirs de toutes ces années passées derrière le volant d'une voiture de course. Rencontre.

Nicolas, peux tu te présenter ainsi que ton parcours en sport auto ?
Je suis né en 1970, j’habite Vérossaz, marié et père de 2 ados, mécanicien auto de profession et actuellement instructeur à la Protection Civile de Martigny. J’ai débuté en sport auto dès mon permis en poche en 1988 par des slaloms en non-licencié. En 1990, j’ai effectué mon cours de licence au Castellet. Puis 1991, début en rallye au Critérium Jurassien comme navigateur d'un ami d'enfance, Alain Fournier, suivi des participations au Alpes Vaudoises et au Rallye du Valais. En 1992, David Luyet m’engage comme mécanicien-navigateur professionnel avec la Clio gr.A de Renault Suisse. Puis en 1995, un autre ami d’enfance, Victor Fournier, me propose de participer au trophée Clio Williams comme navigateur, tout en effectuant la préparation et la maintenance de la voiture. Suite à une grosse sortie de route au Rallye de St-Cergue 1995, je décide de ne plus naviguer. Pendant toute cette période, en parallèle, j’ai participé à des slaloms et courses de côtes. En 1997, Christian Studer, pour qui je prépare les voitures, me propose de me lancer en rallye en me mettant à disposition sa Peugeot 205GTI gr.N pour le Rallye des Alpes Vaudoises. L’année suivante, il met à ma disposition sa Clio mini gr.A pour le même rallye. J’office ensuite comme ouvreur au RIV 2007, puis au Critérium 2008, 2009, 2010, tout ça avec la Clio que j’ai construit et que je fais évoluer au gré de mes moyens financiers. En 2012, mon navigateur Fabien Plaschy, qui fait du hockey sur glace avec moi, me motive à participer au RIV avec une Saxo Kit-car, ma Clio n’étant pas homologuée. Puis plusieurs participations au Critérium et au Rallye du Chablais jusqu’en 2017, au gré des ennuis mécaniques ...

18446877 1887615551506558 2065560955645475424 n
C'est une Clio R3T de chez Rageau Sport Location qu'étrennera Nicolas Glassey

Le Rallye du Chablais marquera un tournant, puisque tu as décidé de raccrocher le casque après cette course. Pourquoi ce choix ?
Début 2017, Mathieu Wyttenbach me propose de racheter ma Clio. Vu le coût toujours plus élevé pour rouler en sport automobile et mon âge avançant, je décide d’accepter sa proposition, mais après le Rallye du Chablais. Afin de me faire un dernier plaisir, j’ai mis de côté une partie du montant de la vente afin de louer une voiture pour un rallye en 2018, le Critérium ou le Chablais. Après discussion avec Fabien, l’option de faire le Chablais, à la maison, proche de nos fidèles partenaires, comme dernière course, est prise.

11154842 1623395161228727 4325997787053174842 o
La Renault Clio lors du Critérium 2015
Photo, Videorace

Justement, tu le dis, cette dernière participation se fera à domicile. C’est encore plus grisant ou au contraire stressant étant donné que tous tes fans seront là ?
Je vais aborder ce rallye comme je les ai toujours tous abordés, avec le seul objectif de prendre un maximum de plaisir.

Ton choix pour ce dernier rallye s’est porté sur une Clio R3T et l’Alps Trophy. Pourquoi ce choix ?
Je voulais rouler une fois dans ma vie avec une voiture moderne, performante et d’un coût raisonnable. Suite à une discussion avec Florian Gonon qui roulait avec une Clio R3T au Critérium 2017, l’idée de louer une telle voiture a commencé à trotter dans ma tête. J’ai appelé Brice Zufferey, le promoteur du trophée, pour lui demander quelques renseignements. Il m’a convaincu de participer au Clio R3T Alps Trophy grâce à la formule "Just for fun". De plus, je pense que mon style de pilotage, « très coulé », conviendra parfaitement à cette voiture.

Tu n’as pas peur de te prendre au jeu et vouloir continuer après cette expérience « en équipe » ?
Oui, bien sûr que je crains de me prendre au jeu, mais mes moyens financiers me rappelleront rapidement qu’il ne s’agissait que d’une « pige »... Et les chronos certainement aussi, car je pense que suivre le rythme sera très difficile pour moi, et comme je suis un compétiteur dans l’âme (sourire)...

Le temps que tu prenais pour le rallye sera pris pour quelles activités désormais ?
L’automobile est une véritable passion pour moi, et comme j’aime bien les « vieilleries », je restaure des anciennes voitures. J’aime aussi beaucoup voyager, donc je ne vais pas m’ennuyer.

Quel est ton meilleur souvenir en rallye que tu gardes jusqu’a présent ?
Il y en a beaucoup, dont l’ambiance rallye des années 90. Mais le meilleur est sans doute l’osmose qui s’était installée dans la voiture l’année dernière, dans la spéciale des Rives, avec Fabien. Ça restera un Grand moment.

Et si tu avais un regret jusqu’à maintenant, ce serait lequel ?
Les contraintes imposées par les autorités sportives, car elles sont un frein à la pratique de ce magnifique sport d’équipe qu’est le rallye.

Yoan Loeffler, un an après : "Si ça ne tenait qu'à moi, je serai déjà dans une voiture"

Il y a un peu plus d'une année, l'appel à la radio des commissaires au poste 13 - coïncidence diront peut-être les plus supersticieux - de la spéciale entre Goumois et Les Enfers lors du Critérium Jurassien a glacé le sang de tous les responsables de l'épreuve. L'équipage Yoan Loeffler et David Rappaz a été victime d'une violente sortie de route contre un arbe à quelques encablures de l'arrivée. Le pilote est inconscient et devra être désincarcéré. Son copilote, moins touché, s'en sortira avec quelques jours d'hôpital alors que Yoan passe par l'étape du coma, des hôpitaux universitaires puis de la rééducation. Une année après, comment se porte le jeune de 21 ans ? Nous l'avons rencontré juste avant "son" rallye, le Rallye du Chablais, manche durant laquelle il avait débuté sa carrière voilà deux ans. Interview.

Yoan, une année après ton terrible accident, comment vas-tu ?
Ça va vraiment bien. Physiquement, j’ai tout repris. Je travaille beaucoup afin d’être encore en meilleure forme qu’avant mon accident ! Niveau neurologique, il y a toujours une progression mais qui est minime à présent, c’est naturel et compréhensible, mais ça va vraiment dans le bon sens et j’ai de moins en moins de perte de mémoire, d’attention et de comportement.

14138612 1098547310231703 2664918578228205137 o

Tu es retourné cette année au Critérium en tant que spectateur. Ce n’était pas trop dur ?
Honnêtement, non du tout, je dois dire que la seule chose compliquée était d’être au bord des routes et non dans une voiture, mais j'y ai pris du plaisir en voyant passer ces bolides et en supportant les amis du rallye. Le plus dur était certainement pour mes proches, car c’est eux qui ont vécu ces moments compliqués. Une année après, ce n'est toujours pas simple et je les comprends ! Ce rallye était un rallye comme les autres avec quelques bons souvenirs qui revenaient tout de même.

Est-ce qu’un jour on pourrait revoir le retour de Yoan en compétition ? C’est un de tes buts en particulier ?
Si ça ne tenait qu’à moi, je serai déjà dans une voiture (rires). Mais cet accident m’a fait retenir beaucoup de choses, il m’a appris à me canaliser, à ne pas brûler les étapes et surtout à me montrer raisonnable. Étant en dernière année de CFC, mon principal objectif est donc de le finir et de le réussir. Puis il y a tout le travail en amont que peu de personne voient... Convaincre les assurances de me laisser reprendre ce sport, à ma sortie de la SUVA de Sion en juin, ce qui n'était pas gagné d’avance! Je me suis concentré sur ma remise en état physique et neurologique puis sur mon CFC. Surpris des efforts et des résultats très positifs après si peu de temps, on a alors pu en reparler et on est sur le bon chemin. J’annoncerai mon retour en tant voulu.

Tu seras au bord des routes lors du prochain Rallye du Chablais, là où l'aventure a commencé pour toi ?
Normalement oui... 4 jours après le rallye, je serai en examens donc on verra. Mais de toute façon, j’aurai de toute manière pas le choix de suivre un minimum, la spéciale de Bex-Lavey passe devant ma maison, alors si ce n’est pas au bord des routes, ça le sera par la fenêtre de ma chambre (rires) !

13268240 812453575557885 4878634647385496201 o
Yoan Loeffler et David Rappaz lors de leur premier rallye sur les routes du Chablais 2016
Photo, Massimo Prati

Après la côte et le slalom, Yves Bracelli tente l'expérience du rallye

C'est un nouvel acteur du monde du rallye qui va faire son apparition lors du prochain Rallye du Chablais. Yves Bracelli, connu pour ses qualités de pilote en côte et slalom, va se lancer dans le grand bain du rallye à l'occasion de l'épreuve de la fin mai avec Steve Niederhauser à ses côtés. L'occasion pour inforallye.ch de vous présenter ce néo-rallyman pour qui le challenge des spéciales sera un nouvel apprentissage après avoir amadoué sa 106 dans d'autres disciplines. Rencontre.

Yves, peux-tu te présenter en quelques mots et présenter ton parcours en sport auto jusque là ?
J’ai 29 ans je suis marié et papa d’un petit garçon d’une année. J’habite à Veytaux et travaille comme charpentier à Roche. Ma passion pour le sport auto a débuté très jeune lorsque j’allais voir avec mon papa des rallyes et des slaloms. Dans mon enfance, j'ai découvert le karting sur la piste indoor de Denges. En 2011, j'ai acheté la Peugeot 106 et participé à quelques slaloms en local. J'ai continué sur cette voie de 2012 à 2014 avec quelques slaloms et courses de côtes en licence régional désormais. Dès 2015, j'ai passé à l'étape supérieure avec la licence national, avec de multiples podiums de classe ainsi que de groupe. En 2016, j'ai eu le plaisir d'être titré vice-champion du championnat Fribourgeois. En 2017, j'ai clôturé la saison sur un 4ème rang de ce même championnat.

Ce sera ton premier rallye alors que tu connais bien les autres disciplines sportives. C’est quand même malgré tout une appréhension on imagine ?
Oui c’est sûr que j’ai quelques appréhensions, car je me lance dans une nouvelle discipline où il y a une multitude de nouveautés pour moi, que ce soit en premier lieu au niveau des notes en devant mettre en place un système de note efficace et claire ou alors la découverte des pneus de rallye qui vont bien me changer des slicks super soft. Et puis il faudra aussi que j’apprenne à gérer le rythme de course qui n’a rien à voir par rapport aux courses de côtes ou slaloms.

Pourquoi avoir choisi le rallye ? Et pourquoi maintenant ?
J’ai toujours voulu faire du rallye, à la base je voulais en faire avec la 106 et puis j’ai commencé les slaloms et les courses de côtes en me disant que je me lancerai plus tard. C’est au début de l’année que j’ai pris la décision de faire le Rallye du Chablais, et puis c’est en quelques sorte mon cadeau de mes futurs 30 ans….

Vous serez à bord de quelle voiture ? 
Nous serons au départ à bord d’une Citroën C2 R2 Max de l’équipe Auto Léman Sport. Mon choix s’est porté sur la location d’une voiture plutôt que la 106 qui est préparée essentiellement pour le slalom et la course de côte. Je n’avais pas envie d’aller la maltraiter dans les cordes ou autres sauts que nous allons rencontrer en rallye sans oublier l’investissement qu’il y aurait eu en termes de pièce de rechanges ou de nouvelle suspensions par exemple.

22382306 1315042408606546 5389683549582695199 o
Photo, Auto Léman Sport

Tu seras accompagné de Steve Niederhauser. Comment est-ce que vous vous connaissez ? Avoir quelqu’un d’expérience à tes côtés, c’était une condition sine qua non ?
J’ai connu Steve en 2011 lorsque je lui avais acheté mon actuel Peugeot 106. Avoir quelqu'un d'expérimenté était un peu une condition car en débutant dans le monde du rallye, je voulais avoir une personne d’expérience à mes cotés pour me guider et me faire bénéficier de son expérience afin de progresser un maximum. Merci à Steve d’avoir répondu présent.

Est-ce que tu prépares activement cette échéance ?
Oui je prépare ce rallye avec l’aide de Steve qui me donne un coup de main à mettre en place un système de note qui me convient et qui est clair. Je passe du temps à me dicter des notes sur des petites routes pour que cela devienne un automatisme lors des futures reconnaissances. Nous allons aussi faire une séance d’essais courant mai pour que je puisse me familiariser avec cette auto. Et puis je passe aussi du temps à essayer de démarcher quelques partenaires pour pouvoir participer à ce rallye et parallèlement continuer de rouler en slaloms et courses de côte.

19223048 414088605657950 8509954144768457892 o
La Peugeot 106 d'Yves qu'il utilise sur les slaloms et courses de côte
Photo, Christophe Automopho

On connait ton coup de volant en côte et slalom. Mais le rallye est bien différent malgré tout. Tu penses que ton expérience pourra t’aider à être dans le coup dès tes premiers tours de roues ?
C’est une question un peu piège. Oui je pense que cette expérience pourra m’être utile dans le pilotage de la C2 mais il ne faut pas griller les étapes ni être trop confiant car il y aura tellement de nouveautés pour moi. Nous verrons bien après quelques tours de roue où nous nous situerons.

Cette expérience du Chablais en appelle d’autres d’ores et déjà maintenant ou c’est plutôt un one-shot ?
Pour le moment il a y le Chablais et c'est tout. J’espère qu’il y en aura d’autres mais le nerf de la guerre dans ce sport reste le budget. Mon but pour le moment c’est de prendre un max de plaisir et surtout de terminer le rallye, peu importe le résultat.

Retour sur le premier rallye de Quentin Salomon à l'occasion du Crité 2018

A l'occasion du Critérium Jurassien, la délégation régionale d'équipages était importante. Parmi eux, Quentin Salomon a participé à son premier rallye et a rallié l'arrivée. De quoi le voir avec un grand sourire au moment de franchir le podium d'arrivée, un carton de bières sur le capot. Apparemment, on a su fêter comme il se doit cette première épreuve dans le clan des Salomon. Enfin, la première épreuve du neveu puisque le tonton est bien connu dans le monde des courses automobiles. Afin d'en savoir un peu plus sur ce jeune motivé, nous l'avons rencontré à l'issue du Crité pour lui poser quelques questions. Rencontre.

Quentin, peux-tu te présenter en quelques mots et présenter ton parcours en sport auto ?
Quentin Salomon, né à Fregiécourt le 13 août 1994 dans une famille de passionnés de voiture. Je travaille chez Louis Chevrolet à Porrentruy en tant qu’horloger. Depuis mon plus jeune âge j’accompagne mon père pour aller rouler sur les circuits automobiles et également suivre mon oncle lors de ses participations à des courses, telles que des rallyes, slaloms et courses de côte... Moi-même j’ai commencé par le Slalom de Bure en Local, 2 années de suite avec une Ford Fiesta. J’ai acheté la Peugeot 106 l’année dernière avec laquelle j’ai participé à 4 slaloms et à la course de côte de St-Ursanne -Les Rangiers.

30740024 1790332491035371 7285736844510101504 o

Tu parlais justement de ton oncle dans les différentes courses auxquelles il participe. En rallye, c’est avec une R5 qu’on le retrouve. Il s’agit, vous l’aurez compris, de Jean-Marc Salomon... ça aide d’avoir quelqu’un comme lui pour se lancer dans le grand bain du rallye ?
Oui bien sûr, mon oncle me donne tous les bons conseils nécessaires à débuter les courses le plus sereinement possible.

CRITERIUM JU 20180258
La Fiesta R5 de "tonton Jean-Marc"

A quel moment tu t'es dit. « il faut que je fasse du rallye plutôt qu'un autre sport » ?
Je dirais que c’est presque « inné » étant donné que j'ai toujours été baigné dans le domaine des courses automobiles et je n’ai jamais eu d’autres envies.

Et justement maintenant que tu as franchi le pas, que tu as participé à ton premier rallye. Est-ce que c’était à la hauteur de tes espérances ?
Mes objectifs principaux lors de ce premier rallye étaient de progresser dans cette discipline et de rallier l’arrivé, objectifs qui ont étés parfaitement atteints. J’attends avec impatience mon prochain rallye…

Justement, quel est ton programme ?
Peut-être un rallye en France mais je vais surtout participer à 2-3 slaloms et à la Course de St-Ursanne-Les Rangiers.

Si tu n'avais qu'un rêve, ce serait lequel ?
Mon plus grand rêve, comme la plupart des pilotes de rallye, serait de rouler en R5. Mais je serai déjà très heureux si j’ai la possibilité de rouler en R2.

quentin
Photo, Sonia Salomon

Ivo Vaz Lopes : "Notre joker de la saison en Junior a hélas déjà été grillé"

Participant au Championnat Suisse Rallye Junior pour la première fois, le jeune valaisan tentera sa chance, comme la grande majorité des pilotes inscrits, avec une Peugeot 208 R2. Si le pilote avoue ne pas réussir à l'exploiter comme il le souhaite jusqu'à présent, cette saison lui servira très certainement à s'y approcher en réalisant quelques chronos intéressants. Après un week-end de recos au Jura, Ivo nous livre ses impressions à l'aube de cette deuxième manche du Championnat Suisse Rallye Junior qui, on l'espère, lui sourira plus que lors de son abandon prématuré sur les routes du Gier. Rencontre.

Ivo, tu as débuté en rallye l'an dernier avec 2 épreuves "à domicile", le Chablais et le Valais. Désormais tu te lances dans une nouvelle aventure plus imposante, celle du Junior. Pourquoi ce choix ?
J'ai choisi le Championnat Suisse Rallye Junior car c'est un bel objectif en soi, on peut entendre parler de nous et nous sommes bien entourés. Et en cas de victoire, on a la chance de rouler une catégorie supérieure. Mais c'est surtout pour l'ambiance et la sympathie entre les différents équipages.

23270319 2038508989741252 876641775671808905 o
Photo, Trusk Images

Tu as pu tester la C2 R2 et la 208 R2. Ton choix s'est porté sur cette dernière. C'est l'arme absolue en R2 actuellement ?
Je pense que c'est l'arme absolue en ce moment car après avoir roulé en C2 où l'on trouve les limites de la voiture assez rapidement, je peux dire qu'avec la 208 je ne l'exploite pas encore au 100% de ses capacités! Il me faut encore un peu d'experience et surtout espérer faire des super temps car on peut voir que les 208, au niveau suisse arrivent, à finir dans les 20 premiers au classement général.

La première manche du Championnat Junior s'est soldée par un abandon mécanique en début d'épreuve. On prend un coup sur le moral dans ce genre de cas ?
Effectivement on prend un coup, surtout apres 17 kilomètres sur la première speciale ... On sait que cette saison on a le droit à un joker en Junior et pour nous, il est grillé... Après, soyons honnêtes, c'est la loi du rallye, on a préféré cette panne à une sortie de route et on espère ne plus avoir de soucis d'ici la fin du championnat.

A tes côtés, Charlène Bori t'accompagne aux notes. Comment en êtes-vous arrivé à rouler ensemble ?
Avec Charlène on ne se connaissait pas beaucoup avant le Valais. Je savais qu'elle avait déjà roulé sur quelques manches du Chapionnat Suisse et qu'elle s'en sortait pas mal. Vu que je cherchais un ou une co-pilote pour le Valais, elle s'est proposée et on as pu tester si l'entente passait lors de ce rallye. Au vu des points positifs de notre participation commune au Rallye International du Valais, elle a accepté de me suivre dans cette aventure du Championnat Suisse Rallye Junior.

23031205 371953993217384 7414343118929510788 n
Photo, Rallye team Vaz Lopes - Bori

Quelles sont tes ambitions parmi la meute de R2 du Junior cette année ?
Cette saison je souhaite surtout acquérir de l'expérience et me comparer aux autres participants. Je vise quand même le haut du plateau, mais pour l'instant faut que j'aprenne à manier cette magnifique 208 car comme je l'ai dit auparavant, je ne l'exploite pas à 100%.

Et comment vois-tu le Critérium maintenant que tu as fait les recos?
Pour le Critérium, les recos pour nous se terminent demain jeudi. On va finir de paufiner nos notes et de se concentrer un max. C'est un rallye très rapide à première vue et dur de se rendre compte lors des recos comment passer certains virages. L'objectif pour ce rallye est surtout de rallier l'arrivée et d'être content de nous !

23172659 1525537194167107 5669327660017517336 n
Photo, Olivier Wintenberger Photographie

Antoine Maire & Pascal Schmid à l'assaut du Junior en Twingo R1

Parmi les nouveaux membres du Championnat Suisse Rallye Junior, on y retrouve un néophyte de la catégorie en Twingo R1 à savoir Antoine Maire. Néanmoins, le jeune vaudois de 24 ans n'en est pas à son coup d'essai, lui qui avait débuté sur les routes du Chablais il y a deux ans maintenant. Nous l'avons rencontré juste avant qu'il ne prenne la direction du Jura et des spéciales du Critérium, théâtre de la deuxième manche du Championnat Junior.

Antoine, peux-tu présenter en quelques mots ton parcours en sport auto ?
En 2014, j'ai débuté par un petit tour par Dijon pour l'obtention de ma licence pilote. Une année après, je faisais mon premier rallye, le Chablais. En 2016, j'ai choisi une nouvelle fois cette épreuve pour débuter ma saison, suivi du Rallye International du Valais. Enfin, en 2017, retour aux sources avec le Rallye du Chablais au programme.

Après avoir participé à des épreuves « locales » tu as décidé de te lancer dans l’aventure du Junior. Pourquoi ce choix ?
J'ai décidé de m'inscrire au Championnat Suisse Rallye Junior pour vraiment connaître le rallye en mode championnat.

29425091 1761121030623184 2836032253476208640 o>
Photo, Jean-Pierre Leuenberger

Le Gier n’a pas été simple comme premier rallye... les conditions étaient plutôt délicates. Ça n’a pas été trop dur ?
C’est vrai que j appréhendais les premières spéciales de nuit. Une première pour moi et mon copilote. Et la météo n’a rien arrangé. Les conditions qu’il y a eu au Gier m'ont permis d'adapter mon style de pilotage par rapport à la météo. Honnêtement je préfère quand même le sec.

Un abandon malheureusement au Gier, mais tu seras au départ du Critérium. Tout est OK ? Et pour la suite de la saison ?
Après avoir bossé plusieurs heures sur la Twingo, c'est fin prêt! Quant à la suite de la saison, c'est un peu trop tôt pour se prononcer, il y a plein de paramètres à prendre en compte.

On t’avait vu avec une voiture bleue par le passé. Désormais elle est jaune fluo... pourquoi ce choix de décor?
C'est pour que les voitures nous voient dans leur rétro (éclat de rires). Plus sérieusement, c'est un cadeau de Noël de la part de ma famille. Je les remercie encore une fois !

14940054 1842385062663068 986078653295488185 o
Photo, Videorace

Avec quel objectif te lances tu dans ce projet de Junior ?
Je sais bien qu'on ne peut pas être Champion Junior avec une R1.... Mon but est surtout d'accumuler un maximum d'expérience sur tous les rallyes du Championnat et surtout, prendre un max de plaisir !

À tes côtés, Pascal Schmid. Peux tu nous le présenter ? Comment en êtes vous arrivé à rouler ensemble ?
Que dire sur lui ? (éclat de rires) Il a 21 ans, passionné de rallye depuis plusieurs années. Il a fait le pas il y a 2 ans. Le virus a pris et le voilà engagé à mes côtés. Dans les précédents rallyes, étant donné que j'avais une voiture pas très puissante et que Pascal copilotait une Clio 16S, on se côtoyait en queue de rallye (rires). En parlant, on a découvert qu'on pratiquait le même sport en dehors du rallye. Du coup, un jour qu'on faisait un match, on a parlait de la saison 2018 et voilà maintenant assis dans le baquet de droite.

Jo Michellod : "Le titre en Junior serait une belle récompense pour toute notre équipe"

Le Championnat Suisse Rallye Junior propose un plateau important pour son édition 2018. Lors de la prochaine manche, le Critérium Jurassien, 11 "juniors" seront au départ dont le vice-champion suisse de l'an dernier, Jonathan Michellod qui étrennera une nouvelle fois sa Peugeot 208 R2 avec le soutien de Stéphane Fellay à ses côtés. Les deux valaisans auront à coeur de faire du mieux qu'ils peuvent afin, qui sait peut-être, décrocher le titre en fin de saison. Nous avons rencontré le pilote de Verbier juste avant son déplacement sur les routes du Critérium pour le deuxième round du Championnat Junior où il retrouvera notamment Thomas Schmid, son principal contradicteur sur la première manche.

Jo, les conditions du Rallye du Pays du Gier étaient plutôt délicates. Es-tu à l’aise dans ce genre de situations ?
Oui c'était des conditions vraiment spéciales, avec un type de route auquel on n’est pas habitué. En plus des plaques noires et des routes sales, on a dû se battre avec la buée (rires). C’est une situation où on a eu de la peine à prendre confiance et être à l'aise.

29872487 937052013136023 3710284004567392682 o
Photo, Championnat Suisse Rallye Junior

Thomas Schmid a clairement mis tout le monde d’accord. Tu t’attendais à une concurrence aussi affûtée dès la première manche cette année ?
Franchement, je ne m'attendais pas que ça aille si vite d'entrée. Mais ce n'est pas étonnant, dans ces conditions, Thomas est beaucoup plus à l'aise que nous.

Quelles sont tes ambitions cette année, toi qui a fini vice-champion junior l’an dernier ?
On va mettre toutes les chances de notre côté pour pouvoir faire au mieux et marquer un maximum de points sur chaque manche. Le titre serait une superbe récompense pour toute notre équipe.

Maintenant que tu as roulé de nombreuses courses en 208 R2, est-ce qu’on peut dire que c’est une voiture qui te correspond ?
C'est dur à dire parce que mis appart une simple Twingo R1, je n'ai jamais eu la chance de rouler autre chose. Mais c'est sûr que la 208 a un énorme potentiel et qu’on s'y sent très rapidement à l'aise.

14249978 633825883458639 8124068474939344694 o
La fameuse Renault Twingo R1, désormais entre les mains du duo féminin Dauphin / Chesaux
Photo, Championnat Suisse Rallye Junior

Sur les routes du Gier, tu as vaincu le mauvais sort qui te poursuivait sur cette épreuve. De bonne augure pour la suite de la saison ?
Oui c'était l'objectif principal du week-end. En 2017 on avait fait à peine 1 kilomètre de plus qu'en 2016… une petite connerie qui nous a coûté cher au championnat (sourire). Pour le moment ça a déjà mieux commencé que les autres années.

Quel rallye attends-tu le plus ?
Le Valais bien sûr puisque c'est chez nous et qu'il nous a souvent souri !

As-tu une spéciale qui te plaît tout particulièrement et que tu te réjouis de faire cette année ?
Oui, la version longue des Cols restera toujours LA spéciale du championnat à mes yeux.

23120135 879162788911009 733477140205684638 o
Jonathan Michellod sur cette fameuse spéciale des Cols
Photo, Laura Duvillard

Au contraire, est-ce qu’il y a une spéciale, un rallye, une situation, un point particulier que tu redoutes cette saison ?
Il y a 2 spéciales dans lesquelles on a toujours été beaucoup moins performant que nos concurrents. Mais en y travaillant tout est possible.

Nouveau dynamisme pour le VHC grâce à l'un des pilotes qui multiplie les démarches

Cette année, la Coupe Suisse des Rallyes Historique, plus communément appelé le VHC, fête ses 10 ans d'existence. Après le premier titre de Patrick Heintz, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts. Le VHC a pris de l'ampleur comptant parfois jusqu'à une vingtaine de participants dans cette seule catégorie. Ces derniers temps, les listes ont été moins fournies, de quoi donner l'envie à certains pilotes et passionnés de VHC, Alain Rothlisberger en tête, de redorer le blason des historiques et donner l'envie à de nouveaux pilotes de les rejoindre. C'est pour cette raison que le jurassien a lancé plusieurs démarches afin d'optimiser la convivialité du VHC. Nous l'avons rencontré afin d'en parler et de revenir sur la genèse de ce projet.

Alain, peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je suis né en 1984 à Moutier et je suis à mon compte depuis quelques années. J'ai ouvert en 2015 Suacasa, ce qui est devenu mon activité principale où je vends cuisine et salle de bain.  Pour mon parcours automobile, comme beaucoup, je dois ma passion à mon père, qui me berçait déjà dans le ventre de ma maman en Fiat 131, Fiat que mon père détruira … en venant me voir à ma naissance. Après avoir passé par la case karting où j’ai fini 1er du Championnat Romand, j’ai dû hélas arrêter en raison du budget serré de ma famille, nous étions trois frères. Mon papa s’est lancé ensuite en course de côte… en Fiat 131 – encore une - et j’ai donc suivi ses aventures durant une bonne quinzaine d’années. J’ai ensuite pu faire de l’assistance à Steeves Schneeberger en 2014 et ça m’a donné l’envie de m’y mettre. J’ai adoré l’ambiance, le rallye est un monde totalement à part et on y vit la passion du VHC à 300%. Après un passage en 205 GTI, j’ai découvert la Ford Escort au Crité 2016 et depuis là, je ne l’ai plus lâchée !

23674860 1465694836811569 5949314783827866395 o
Alain Rothlisberger au volant de sa Ford Escort
Photo, Championnat Suisse des Rallyes Historiques

Pourquoi avoir choisi de mettre l’accent sur le VHC et y travailler plus activement encore ?
Alors je crois que tu as pas mal de raison ci-dessus pour le pourquoi du VHC... c'est aussi ma catégorie, et on en a pas mal parlé avec les pilotes, beaucoup de choses ressortaient toujours, et c'est au Valais que vraiment j'ai décidé de faire quelque chose. C'est en discutant avec Eddy Bérard, qui lui-même fait déjà beaucoup de son coté, que j'ai voulu amener mon aide de mon côté et je trouve aussi un grand soutien de son côté. Il fait ce championnat depuis son début et il connaît déjà beaucoup de monde.  Ensuite c’est une passion. C’est un amour des vieilles voitures. Je suis admiratif des pilotes qui roulaient ces autos et j’aime faire vivre ça. J’ai aimé les voir en bord de piste et je sais que d’autres aiment aussi les voir rouler.  J’aimerai avoir un paddock aussi fourni qu’en France. Et les voiture il y en a.  Faut maintenant motiver les gens à les rouler.

Quels sont les premières « mesures » que tu as mises en place ?
J'ai tout de suite commencé à regarder qui allait rouler en 2018, j'ai pris les contacts de tout le monde et j'ai cherché à voir comment les gens réagiraient à une "organisation" propre au VHC. L'idée m'a été soufflé, et j'ai simplement repris l'idée du Championnat Junior. Le but étant d'organiser conjointement avec l'ASS en tant que "promoteur", mais cette saison 2018 sera préparatoire. Cela permettra néanmoins de mettre déjà sur pied plusieurs points qui me tiennent à cœur comme créer de la convivialité et faire parler du VHC. Je me suis approchée de pas mal de monde et à mon étonnement tous veulent aller dans le sens du VHC, beaucoup ont des idées et je n'ai peut-être que le mérite de vouloir mettre bout à bout tout ce qu’on me donne comme idée, déjà des fois longuement réfléchies.  Donc pour 2018, nous tenterons de créer de la « convivialité » de notre petit championnat en veillant à apporter cette sympathie recherchée par les pilotes, rassembler tous les VHC au même endroit, demander des partenariats media et autres pour qu’on parle de nous et j'espère que 2019 soit soutenu par l'ASS.  Dans l'attente nous suivrons toutes les courses du Championnat Suisse. Et bien sûr suivre nos pilotes suisses dans leurs périples autour du monde.  Le seul but étant toujours d'avoir un maximum de plaisir avec de beaux rallyes.
Dans ce sens-là, nous avons ouvert un site qui est consacré à la Coupe Suisse des Rallyes Historiques disponible à l’adresse www.csrh.ch. Une nouvelle catégorie VHC Classic verra le jour également cette année, une catégorie que nous développerons et parlerons des pilotes et voitures.
Plein d’idée fourmillent dans ma tête mais on va déjà passé cette année 2018 et voir les retours que nous allons avoir. De toute manière quand on fait les choses par passion, le seul objectif est le partage et le plaisir.

23031432 1448569118524141 6644692986805531070 n
Les équipages engagés en VHC lors du 1er Rallye Historique du Valais en octobre dernier

Y a-t-il déjà eu un retour, notamment avec l’ASS ?
J’ai eu la possibilité de m’entretenir avec Auto Sport Suisse à la fin février. Cette séance a été super positive. Les discussions sont donc officiellement ouvertes avec l’ASS et nous avons longuement parlé des aspects techniques du VHC. Nous ferons un point à la mi-saison pour voir si les démarches entreprises trouvent leur public. Nous reprendrons les discussions à ce moment-là.

Comment peut-on t’aider à mettre plus en avant le VHC ?
Les media, cela passe essentiellement par là aujourd’hui, le fait d'avoir des paddocks ensemble augmente la convivialité interne, mais très clairement être médiatisé permettra de donner envie à d’autres de rouler ou au pire de venir nous voir. Et ça motive aussi d'avoir droit de temps à autre à une petite photo publiée ici ou là... La médiatisation nous permettra aussi d’intéresser des partenaires afin de faire des dotations et des prix plus intéressants encore et surtout pour tous, encore une fois on le fait par passion et rentrer avec un petit quelque chose à la maison, ça fait toujours plaisir.

28954576 1587280091319709 6938585434482650788 o
Des opérations de communication ont d'ores et déjà été mises en place, comme ici lors de l'Oldtimer Teilmarkt à Fribourg

Qu’est-ce qui coince actuellement selon toi pour développer l’aspect VHC en rallye ?
A mon sens, il manque de communication en Suisse allemande. Le Gotthard aurait vraiment fait le pont manquant. Et je regrette qu'il n’aboutisse pas pour l’instant.  Les media là-bas ne parlent pas assez de nous.  Et la convivialité est une clé...  Personne ne va dépenser des milliers de francs pour passer un week-end sans intérêt. C'est une passion et on veut passer un bon moment. Il y a aussi l'aspect du PTH qui n'est pas négligeable et c'est un gros nœud que j’essaie de comprendre, entre manque d'info de l'ASS et manque de connaissance des concurrents. En fait le système est assez clair mais compliqué et il manque un explicatif clair pour tout ça. Pour beaucoup, c'est décourageant... Plusieurs pilotes ont juste abandonné l’idée du VHC alors que la situation n'est pas si compliquée en fait..  J’aimerai réussir à mettre un pont entre amateur envieux et passionné bien renseigné pour optimiser la construction des PTH et faciliter par la même le travail de l'ASS.  Avec le développement du VHC Classic, on y travaille. L’idée d’Eric Jordan est juste parfaite. Ceci permettra à des pilotes de rouler en Classic avec des contraintes moindres avant de passer au VHC comme nous le connaissons jusqu’à maintenant.

Les premières démarches ont été mises en place pour 2018. Peux-tu nous en parler ?
Lors du Pays du Gier, une tente commune a été montée pour les trois pilotes inscrits et pour le Critérium Jurassien, des partenaires se sont ajoutés à l'opération permettanat d'offrir deux pour un SPA à Saignelégier et un bon pour des cafés dans un bistrot de la région. De plus, l'accueil lors de de la remise du roadbook a été amélioré avec croissant et chocolat. Ce n'est pas grand-chose mais c'est ainsi que l'esprit de convivialité démarre. J'espère de tout coeur que nous pourrons continuer les démarche ainsi pour les prochains rallyes. Pour l'instant, on finance tout cela nous-même, mais les premiers soutiens arrivent.

bons
Les différents cadeaux reçus par les participants à la catégorie VHC lors du Critérium 2018

Si vous aussi vous souhaitez aider Alain et les personnes qui mettent en avant le VHC, rendez-vous sur le site créé depuis ce début d'année concernant la Coupe Suisse des Rallyes Historiques, www.csrh.ch ainsi que sur leur page Facebook.

Jonathan Chablais désormais en Junior : "On espère enfin voir l'arrivée cette année"

Après une première saison galère où les abandons se sont enchainés, le jeune Jonathan Chablais se lance dans l’aventure du Championnat Suisse Rallye Junior avec une nouvelle copilote, son papa Patrick ayant décidé de raccrocher le carnet. Avant de prendre la direction du Jura et des spéciales du 41ème Crité, nous l’avons rencontré.

Jonathan, peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je suis frigoriste de formation, mes passions sont bien évidemment le sport auto mais aussi le foot.

Quel est ton parcours en sport automobile ?
Avant de me lancer en rallye lors du Rallye du Chablais l’an dernier, j’ai réalisé quelques slaloms et courses de côte en local, puis en régional.

Tu t’es donc lancé dans l’aventure du rallye l’an dernier à l’occasion du Rallye du Chablais, à domicile. Comment étais-tu arrivé à prendre le départ de cette épreuve ?
Ca faisait longtemps que l’idée était là, on voulait se lancer avec mon père « sur notre rallye » mais faute de budget, il a fallu attendre un peu. C’est en 2017 que l’occasion s’est présentée.

23130823 10211791833645935 8722931234709117917 n
Photo, Trusk Images

Tes expériences se sont malheureusement soldées pour l’instant par 2 abandons mécaniques. Pas trop rageant ?
C’est toujours rageant de devoir abandonner surtout quand la mécanique fais des siennes, mais je prends ça comme de l’expérience et on espère faire mieux cette année … et enfin voir une ligne d’arrivée.

Cette saison, plusieurs rallyes au programme, en Junior, avec une demoiselle à tes côtés et non plus ton papa. Peux-tu nous la présenter et nous dire comment en êtes-vous arrivé à faire du rallye ensemble ?
Mon père voulant prendre sa retraite, il a fallu trouver un nouveau co-pilote. Suite à une annonce de ma part, Justine s’est directement présentée pour le poste et étant donné qu’on s’était rencontré sur un rallye en France il y a 1-2 ans, j’ai sauté sur l’occasion.

29027382 186959335366295 1815236295854983468 n
Justine Karami sera la copilote de Jonathan Chablais cette saison
Photo, Justine Karami Racing

Quel est ton programme cette saison justement ?
Nous avons planifié le Critérium, le Chablais, et si tout se passe bien le Valais pour finir. Si de nouveaux partenaires se présentent on n’exclut pas de rallonger la liste mais cela reste à voir. Quant à la voiture que nous aurons, il s’agira toujours de la même 208, préparée par WPA Racing.

Avec quel objectif pars-tu dans ce Championnat Junior qui s’annonce très relevé cette saison ?
Les objectifs avant tout seront de rallier les arrivées et avec la voiture entière si possible (rires). Pour le reste, on ne se fixe pas de limite. Juste prendre du plaisir et d’aller le plus loin possible .

20229681 10213182498499164 5703666063556144256 o
Photo, Sylvie Aubert

Jean-Marie Renaud : "Manu Guex m'a motivé pour ma dernière en Junior"

Jean-Marie Renaud fait partie des pilotes les plus aguerris en Championnat Suisse Rallye Junior. Au sein de cette compétition depuis plusieurs saisons, le vaudois atteint gentiment l'âge limite de participation. Pour cette dernière qui sonne, il change de copilote, par la force des choses. Après une première manche où il termine troisième des R2, nous l'avons rencontré. A noter également qu'il organisera son souper de soutien le samedi 21 avril à Gimel dès 18h30. Plus d'infos sur sa page officielle Facebook Renaud Sport Rally Team.

Jean-Marie, tu es à nouveau au départ du Championnat Suisse Rallye Junior, mais cette fois-ci avec un nouveau copilote en la personne de Manu Guex. C'est un nouveau challenge du coup ?
Oui, nouveau copilote et nouveau challenge, surtout quand on a la chance d'avoir un navigateur à côté de soi qui a une grande expérience comme lui. Lorsqu'on s'est entrainé avant la première manche, on a eu immédiatement un bon feeling ce qui nous a tout de suite mis à l'aise.

Tu seras à nouveau au départ avec une Peugeot 208 R2. Mais cette fois-ci, c'est ta dernière chance au vu de tes 28 ans qui approche. Est-ce que ça met une pression supplémentaire de se dire que c'est "la der ou jamais" ?
Je reste fidèle à la 208 et au Championnat Junior étant donné que c'est la dernière année où je peux y participer. De la pression, il y en a toujours, mais pas plus que l'année précédente. Je roule avant tout pour le plaisir et je ne me mets pas de plus de pression en me disant que c'est la dernière... Il faut rouler au mieux de ce que l'on peut.

29983611 937052033136021 6795632060981919207 o
Photo, Championnat Suisse Rallye Junior

Tu connais désormais bien la saison et la voiture. C'est un point qui pourra pencher dans la balance ?
C'est sûr que ça aide, mais après on est pas à l'abri de changements de parcours notamment, donc rien n'est certain sur ce point. Quant à la voiture, je la connais mais pas suffisamment pour rouler vite. La 208 a un sacré potentiel. Il va falloir y aller crescendo durant la saison.

Peux-tu nous expliquer comment Manu Guex s'est retrouvé dans ton baquet de droite ?
Yannick Schriber, mon ancien copilote, voulait partir pour de nouvelles aventures avec Nicolas Lathion en 208 Cup en France, alors je ne l'ai pas retenu pour cette belle aventure qui s'annonçait pour lui. En passant, je leur souhaite plein succès pour ce championnat (ils signent la 12ème place sur 18 lors de leur premier rallye ensemble et premier rallye terre, ndlr). Après cette décision, j'ai quand même hésité à repartir pour cette saison. J'ai pris contact avec Manu que je connaissais déjà dans le monde du rallye et je lui ai expliqué mon projet. Il a été d'accord de me suivre, ce qui m'a motivé à continuer surtout pour ma dernière saison en Junior.

29342248 2060631187488516 2401837130302095360 o

Jusqu'à présent, si tu devais garder en tête un moment qui t'a marqué en rallye, ce serait lequel ?
Lorsque j'ai navigué ma copine Stéphanie Le Coultre au Rallye de San Remo en Italie en 2011.

302656 2446319725130 632055436 n
Le couple Le Coultre / Renaud lors du San Remo 2011
Photo, Matteo Nasi

 

Stéphane Offreda & Alyssa Ciampa prêts pour leur premier rallye lors du Crité

Parmi les équipages engagés au Critérium Jurassien cette année, le nom de Stéphane Offreda fera son apparition. Habitué aux compétitions de slalom, le jurassien se lance dans l'aventure du rallye pour tester la discipline phare en Suisse au niveau des sports motorisés comme il nous l'a expliqué lors de notre rencontre. Afin de connaitre un peu mieux ce nouvel équipage de rallye, nous sommes partis à la rencontre de ce couple qui vit chacun à une extrémité de la Suisse romande. Au lieu de parcourir des kilomètres pour se voir, ils partageront ensemble, le temps d'un week-end, l'habitacle de leur voiture de rallye.

Stéphane, peux-tu te présenter en quelques mots et présenter ton parcours en sport auto jusqu’à présent ?
Je suis développeur Web et je viens du Jura. J’ai commencé le sport automobile assez tard car mes hobbies étaient plutôt, de par mon métier, l’informatique, les jeux vidéo et les mangas. On va dire que c’est après avoir lu le manga Initial D (courses de voitures au Japon) que j’ai réellement apprécié les voitures. Jeune et bête, je pensais à tort à l’époque qu’aller à fond était nécessairement synonyme d’aller vite. Puis après mon premier accident, je me suis rendu compte qu’il fallait que j’apprenne sérieusement à rouler. C’est à partir de ce moment que j’ai commencé à prendre des cours, faire du circuit et du slalom. Au niveau compétition, j’ai participé à des nombreux slaloms en LOCAL depuis 2013 et je suis licencié depuis l’année passée.

Tu te lances dans l’aventure du rallye. Pourquoi cette discipline ?
Il y plein de raisons mais je pense que la principale est le fait de partager ma passion avec ma copine qui me co-pilote. Ensuite, comme le rallye est la discipline phare en Suisse, cela m’a poussé à tenter l’aventure. Pour finir, cela me permettra d’améliorer mes compétences dans un cadre différent de celui dont j’ai l’habitude. Le choix s’est porté sur le Crité qui est l’épreuve à domicile pour toi.

29955685 334147823774386 843478172 o
Stéphane et Alyssa autour de leur 106 qu'ils étrenneront lors du Critérium

Tu t’es toujours dit que si tu débutais, tu le ferais sur tes routes ?
Oui et non, malgré le fait que c’est à domicile, je ne connais pas forcément les routes qui servent de spéciales. On va dire que c’est plutôt l’un des premiers sur le calendrier et le délai idéal pour moi pour débuter la saison. Par contre, cela me procure un immense plaisir de courir à domicile. En effet, c’est toujours gratifiant de se dire qu’on va enfin pouvoir rouler plutôt que regarder !

Quels ont été les préparatifs pour y arriver ?
Déjà l’apprentissage du rallye en lui-même. Cela semble tellement différent des slaloms au niveau pilotage. L’écoute des notes est une chose compliquée à maitriser pour moi qui ai toujours été habitué aux parcours « par cœur ». C’est la raison pour laquelle, nous avons pris du temps, Alyssa et moi, à s’entraîner sur des jeux de simulation ou sur des spéciales improvisées. Mais le plus gros de boulot a été de chercher du soutien pour financer le budget qui est juste énormément plus élevé que du simple slalom (même avec une voiture petit budget). Au niveau mécanique, n’étant pas du métier, j’ai dû faire appel à quelques potes/membres de la famille pour m’aider à préparer la voiture. Je les remercie d’ailleurs tout particulièrement !

Tu peux nous parler de ta voiture ?
C’est une Peugeot 106 GTi que j’ai achetée complètement d’origine en 2013. Je l’ai d’abord légèrement préparée pour le slalom en L2 (siège, volant, amortisseurs, rabaissement). Puis gentiment j’ai monté un arceau pour passer en L4. Plus tard et connaissant la complexité du passage à l’expertise avec des modifications, j’ai préféré commencer à rouler en licencié. Du coup, j’ai installé petit à petit les éléments de sécurité et les préparations admises en groupe N.

29884637 334147910441044 848650078 o
Photo, Rami Hänggi

À tes côtés, ton amie Alyssa. Elle est autant passionnée de rallye que toi? Peux-tu nous la présenter ?
Elle habite à Sion et a terminé sa formation en soins infirmiers l’année passée. Elle effectue actuellement ses études de sage-femme à Lausanne. Depuis toute petite, elle se tient sur les bords des spéciales en spectatrice. Mais comme elle le dit, elle n'aurait jamais imaginé qu'un jour elle serait dans la voiture. Elle a découvert le monde du sport automobile via les slaloms il y a quelques années et c'est ce qui lui a donné envie de franchir le pas. C’est lors de notre première rencontre il y a deux ans au Rallye du Chablais que nous avons évoqué cette possibilité et que petit à petit le projet s’est concrétisé. C’est donc avec impatience qu’elle prendra place dans le baquet de droite pour la première fois.

13603225 10209946855572241 3406364788653597227 o

As-tu déjà une idée de la suite de ta saison ?
Si tout se passe bien au Critérium, je pense effectuer encore un ou deux rallyes cette saison, probablement le Chablais et peut-être le Rallye International du Valais. Puis, je participerai à quelques slaloms (Bière, Romont, Chamblon) pour tenter d’améliorer mes temps des années précédentes. En fin de saison, je vais plutôt me concentrer sur les cours particuliers de pilotage qui me font énormément progresser. Car l’amélioration de mon pilotage, c’est pour le moment mon objectif principal.

Cédéric Monnot au départ du Critérium Jurassien, 5 ans après

Parmi les pilotes inscrits au prochain Critérium Jurassien figurera le nom de Cédéric Monnot, trentenaire neuchâtelois, qui a choisi de retenter l'expérience du rallye après un premier one-shot en 2013 qui s'est hélas soldé par un abandon. Avant le grand départ de la mi-avril, inforallye.ch a rencontré celui qui s'impatiente d'être au départ du Crité 2018.

Cédéric, peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je m'appelle Cédéric Monnot, j'habite Le Locle, j'ai 35 ans cette année et je suis papa d'une petite puce de 16 mois.

Quel est ton parcours en sport automobile jusqu'à présent ?
J'ai commencé un peu comme tout le monde en faisant du slalom en local et par la suite en licencié. J'ai aussi fait quelque courses de côte et après je me suis monté une Saxo VTS pour réaliser un rêve : participer au Critérium Jurassien. Mais je n'ai jamais passé la ligne d'arrivée suite à des ennuis mécaniques.

Pourquoi avoir choisi de reprendre le départ d'un rallye ? Et plus précisément ce Critérium Jurassien ?
Pour mes 35 ans, j'ai décidé de repartir en rallye mais cette fois-ci en louant une voiture. Le choix de Critérium s'est imposé à nous car c'est une région qui me plait et un rallye magnifique. Je me suis dis "pourquoi pas repartir là où tout s'est arreté en 2013... et passer cette ligne d'arrivée !" Au départ, on était parti pour louer une 208 R2, mais après un bon moment de réflexion et de calcul de budget, on a finalement décidé d'être au départ avec une fiesta R3 que nous louons chez Gobo.

10704424 865818763429921 8093264993673706407 o
Photo, Teambeyou

Sur ta page Facebook, tu indiques "Le rêve d'une vie". Le rêve d'une voiture comme celle-ci ?
Ca a toujours été un rêve de rouler une voiture à boite séquentielle et performante.

Qui sera à tes côtés pour te seconder dans le rôle de copilote ?
A la base, ça aurait dû être ma moitié qui partage ma vie, ma compagne Ludivine. Mais après réflexion et ne voulant pas mettre les deux parents dans la meme voiture, ça sera finalement Sébastien Schaller qui me naviguera lors du Critérium.

Est-ce que tu prévois d'autres courses durant l'année ?
Si on arrive a boucler notre budget, nous serons au départ du Chablais et du Rallye International du Valais.

902581 10201222191861031 500897301 o
Cédéric Monnot lors de sa participation au Crité en 2013
Photo, Florian Sedrati

Pour mieux faire connaissance, voici quelques questions sous forme de portraits chinois :
Si tu étais un rallye en Suisse, lequel choisirais-tu ?
Le Critérium Jurassien, vu que mes origines sont jurassiennes.

Si tu étais une voiture de rallye ?
Une Peugeot 205 T16

Si tu étais un autre rôle en rallye que celui de pilote ?
Mécano

Si tu étais une manche du WRC ?
Le Rallye d Allemagne

Nicolas Lathion : "On sait très bien qu'on va se faire laver la gueule"

Cette phrase en titre, c'est celle prononcée par Nicolas Lathion, Champion Suisse Junior en titre, qui s'est confié à inforallye.ch avant le début de sa saison. Celle-ci débutera en France ce week-end à l'occasion du Rallye Terre des Causses dans le cadre de sa participation à la 208 Rally Cup, une compétition exigeante et qui demande d'être au top, dès les premiers tours de roues. C'est dans ce cadre-là que Nico risque de "se faire laver la gueule" comme il nous l'a dit. Entre les manches françaises, le Champion Suisse Rallye Junior en titre participera au Clio R3T Alps Trophy, lors de deux manches helvétiques, en guise de prix final de sa place de leader à l'issue de la dernière saison réservée aux moins de 28 ans. Avec le valaisan, on parle sans détour de ces deux compétitions auxquelles il prendra part cette année, avec une préparation intense et importante. Rencontre.

Nico, après ton succès en Junior l’an dernier, te voici désormais inscrit en Clio R3T Alps Trophy. Sur quelles manches seras-tu présent ?
Et bien grâce à la dotation de notre titre, nous serons présents au Crité et au Valais. J’en profite pour remercier l’organisation du Junior et tous leurs partenaires. Et puis si planning et budget le permettent, nous ferons peut-être une autre pige dans ce championnat !

On a pu voir récemment que tu étais en test avec cette voiture pour la prendre en main comme il se doit. Comment se sont déroulés ces tests ? Quelles ont été les premières sensations à ce sujet ?
Ça s’est super bien déroulé, il faisait beau donc on a pu bien attaquer et tester les limites de cette auto. Alors il est vrai que j’étais un peu septique avant de l’essayer, mais j’ai été vraiment surpris. Ça marche vraiment fort, un couple de fou et des reprises qui permettent quelques erreurs comparées à la 208. Seuls petits bémols pour moi, ce sont les freins et l’aseptisation intérieur. Difficile de s’habituer au bang sur les freinages et surtout à se rendre compte de la vitesse. Je me réjouis de pouvoir faire des kilomètres sur un rallye pour voir comment !

29354362 953584988138613 3756039093942614570 o
Photo, Clio R3T Alps Trophy

A tes côtés, Yannick Schriber a remplacé Gaëtan Lathion. Ces premiers kilomètres d’essai ont été satisfaisants pour créer un nouvel équipage fort ?
Eh bien oui ça fait du bien de pouvoir s’entraîner grandeur nature. Mais nous bossons quand même pas mal soit sur nos routes, soit sur caméra pour essayer d’être d’entrée opérationnel. Après le feeling est là en dehors de la voiture, donc il n’y a pas de raison que ça se passe pas dans l’habitacle. De toute façon, il n’y a pas de miracles, il faut des kilomètres pour être au top !

En dehors du Clio R3T Alps Trophy, tu participeras également à la 208 Rally Cup cette saison. Un objectif ambitieux que tu abordes comment ?
Comme d’hab, dans la joie et la bonne humeur (rires) Non, plus sérieusement, c’est du job, on prépare ça depuis août 2017, c’est un sacré budget et surtout un investissement personnel conséquent. Baisse du temps de travail, 40 jours de congés pour le rallye, régime, préparation physique, recherche de partenaires…. pas le temps de respirer (rire) mais on se réjouit de cette belle aventure, des rallyes qu’on va découvrir sur des surfaces bien différentes, une autre ambiance et surtout un niveau très élevé. Vivement la fin du mois !

28828080 1802302196456702 3005679996753897639 o
Nicolas Lathion et Yannick Schriber ont testé la terre lors d'une séance d'essai avant le Terre des Causses
Photo, Anthony Lalevée - Anthorallye

Plusieurs pilotes suisses qu’on peut qualifier de « rapide » ont connu quelques difficultés à briller – en tout cas sur la longueur – en 208 Cup ces dernières années. C’est une pression supplémentaire pour toi ?
C’est clair que c’est des rallyes du championnat de France, donc plus de 200km pour les asphaltes et 150km pour les terres, ce qui représente quasi 500km de plus qu’en Suisse. C’est chaque fois des gros morceaux et avec le rythme qu’il y a dans cette coupe, ça va être chaude patate. Mais si le budget nous permet, on fera le plus de manches possibles afin d’engranger le maximum d’expérience. Après comme on dit chez nous, on sait très bien qu’on va « se faire laver la gueule », donc le principal objectif est de se faire plaisir et la seule « pression », ça sera celle qu’on boira après la course (rire).

29314299 2050430688506062 9050547161363644416 n
Photo, Lathion Rally Team