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Ivo Vaz Lopes : "Notre joker de la saison en Junior a hélas déjà été grillé"

Participant au Championnat Suisse Rallye Junior pour la première fois, le jeune valaisan tentera sa chance, comme la grande majorité des pilotes inscrits, avec une Peugeot 208 R2. Si le pilote avoue ne pas réussir à l'exploiter comme il le souhaite jusqu'à présent, cette saison lui servira très certainement à s'y approcher en réalisant quelques chronos intéressants. Après un week-end de recos au Jura, Ivo nous livre ses impressions à l'aube de cette deuxième manche du Championnat Suisse Rallye Junior qui, on l'espère, lui sourira plus que lors de son abandon prématuré sur les routes du Gier. Rencontre.

Ivo, tu as débuté en rallye l'an dernier avec 2 épreuves "à domicile", le Chablais et le Valais. Désormais tu te lances dans une nouvelle aventure plus imposante, celle du Junior. Pourquoi ce choix ?
J'ai choisi le Championnat Suisse Rallye Junior car c'est un bel objectif en soi, on peut entendre parler de nous et nous sommes bien entourés. Et en cas de victoire, on a la chance de rouler une catégorie supérieure. Mais c'est surtout pour l'ambiance et la sympathie entre les différents équipages.

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Photo, Trusk Images

Tu as pu tester la C2 R2 et la 208 R2. Ton choix s'est porté sur cette dernière. C'est l'arme absolue en R2 actuellement ?
Je pense que c'est l'arme absolue en ce moment car après avoir roulé en C2 où l'on trouve les limites de la voiture assez rapidement, je peux dire qu'avec la 208 je ne l'exploite pas encore au 100% de ses capacités! Il me faut encore un peu d'experience et surtout espérer faire des super temps car on peut voir que les 208, au niveau suisse arrivent, à finir dans les 20 premiers au classement général.

La première manche du Championnat Junior s'est soldée par un abandon mécanique en début d'épreuve. On prend un coup sur le moral dans ce genre de cas ?
Effectivement on prend un coup, surtout apres 17 kilomètres sur la première speciale ... On sait que cette saison on a le droit à un joker en Junior et pour nous, il est grillé... Après, soyons honnêtes, c'est la loi du rallye, on a préféré cette panne à une sortie de route et on espère ne plus avoir de soucis d'ici la fin du championnat.

A tes côtés, Charlène Bori t'accompagne aux notes. Comment en êtes-vous arrivé à rouler ensemble ?
Avec Charlène on ne se connaissait pas beaucoup avant le Valais. Je savais qu'elle avait déjà roulé sur quelques manches du Chapionnat Suisse et qu'elle s'en sortait pas mal. Vu que je cherchais un ou une co-pilote pour le Valais, elle s'est proposée et on as pu tester si l'entente passait lors de ce rallye. Au vu des points positifs de notre participation commune au Rallye International du Valais, elle a accepté de me suivre dans cette aventure du Championnat Suisse Rallye Junior.

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Photo, Rallye team Vaz Lopes - Bori

Quelles sont tes ambitions parmi la meute de R2 du Junior cette année ?
Cette saison je souhaite surtout acquérir de l'expérience et me comparer aux autres participants. Je vise quand même le haut du plateau, mais pour l'instant faut que j'aprenne à manier cette magnifique 208 car comme je l'ai dit auparavant, je ne l'exploite pas à 100%.

Et comment vois-tu le Critérium maintenant que tu as fait les recos?
Pour le Critérium, les recos pour nous se terminent demain jeudi. On va finir de paufiner nos notes et de se concentrer un max. C'est un rallye très rapide à première vue et dur de se rendre compte lors des recos comment passer certains virages. L'objectif pour ce rallye est surtout de rallier l'arrivée et d'être content de nous !

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Photo, Olivier Wintenberger Photographie

Antoine Maire & Pascal Schmid à l'assaut du Junior en Twingo R1

Parmi les nouveaux membres du Championnat Suisse Rallye Junior, on y retrouve un néophyte de la catégorie en Twingo R1 à savoir Antoine Maire. Néanmoins, le jeune vaudois de 24 ans n'en est pas à son coup d'essai, lui qui avait débuté sur les routes du Chablais il y a deux ans maintenant. Nous l'avons rencontré juste avant qu'il ne prenne la direction du Jura et des spéciales du Critérium, théâtre de la deuxième manche du Championnat Junior.

Antoine, peux-tu présenter en quelques mots ton parcours en sport auto ?
En 2014, j'ai débuté par un petit tour par Dijon pour l'obtention de ma licence pilote. Une année après, je faisais mon premier rallye, le Chablais. En 2016, j'ai choisi une nouvelle fois cette épreuve pour débuter ma saison, suivi du Rallye International du Valais. Enfin, en 2017, retour aux sources avec le Rallye du Chablais au programme.

Après avoir participé à des épreuves « locales » tu as décidé de te lancer dans l’aventure du Junior. Pourquoi ce choix ?
J'ai décidé de m'inscrire au Championnat Suisse Rallye Junior pour vraiment connaître le rallye en mode championnat.

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Photo, Jean-Pierre Leuenberger

Le Gier n’a pas été simple comme premier rallye... les conditions étaient plutôt délicates. Ça n’a pas été trop dur ?
C’est vrai que j appréhendais les premières spéciales de nuit. Une première pour moi et mon copilote. Et la météo n’a rien arrangé. Les conditions qu’il y a eu au Gier m'ont permis d'adapter mon style de pilotage par rapport à la météo. Honnêtement je préfère quand même le sec.

Un abandon malheureusement au Gier, mais tu seras au départ du Critérium. Tout est OK ? Et pour la suite de la saison ?
Après avoir bossé plusieurs heures sur la Twingo, c'est fin prêt! Quant à la suite de la saison, c'est un peu trop tôt pour se prononcer, il y a plein de paramètres à prendre en compte.

On t’avait vu avec une voiture bleue par le passé. Désormais elle est jaune fluo... pourquoi ce choix de décor?
C'est pour que les voitures nous voient dans leur rétro (éclat de rires). Plus sérieusement, c'est un cadeau de Noël de la part de ma famille. Je les remercie encore une fois !

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Photo, Videorace

Avec quel objectif te lances tu dans ce projet de Junior ?
Je sais bien qu'on ne peut pas être Champion Junior avec une R1.... Mon but est surtout d'accumuler un maximum d'expérience sur tous les rallyes du Championnat et surtout, prendre un max de plaisir !

À tes côtés, Pascal Schmid. Peux tu nous le présenter ? Comment en êtes vous arrivé à rouler ensemble ?
Que dire sur lui ? (éclat de rires) Il a 21 ans, passionné de rallye depuis plusieurs années. Il a fait le pas il y a 2 ans. Le virus a pris et le voilà engagé à mes côtés. Dans les précédents rallyes, étant donné que j'avais une voiture pas très puissante et que Pascal copilotait une Clio 16S, on se côtoyait en queue de rallye (rires). En parlant, on a découvert qu'on pratiquait le même sport en dehors du rallye. Du coup, un jour qu'on faisait un match, on a parlait de la saison 2018 et voilà maintenant assis dans le baquet de droite.

Jo Michellod : "Le titre en Junior serait une belle récompense pour toute notre équipe"

Le Championnat Suisse Rallye Junior propose un plateau important pour son édition 2018. Lors de la prochaine manche, le Critérium Jurassien, 11 "juniors" seront au départ dont le vice-champion suisse de l'an dernier, Jonathan Michellod qui étrennera une nouvelle fois sa Peugeot 208 R2 avec le soutien de Stéphane Fellay à ses côtés. Les deux valaisans auront à coeur de faire du mieux qu'ils peuvent afin, qui sait peut-être, décrocher le titre en fin de saison. Nous avons rencontré le pilote de Verbier juste avant son déplacement sur les routes du Critérium pour le deuxième round du Championnat Junior où il retrouvera notamment Thomas Schmid, son principal contradicteur sur la première manche.

Jo, les conditions du Rallye du Pays du Gier étaient plutôt délicates. Es-tu à l’aise dans ce genre de situations ?
Oui c'était des conditions vraiment spéciales, avec un type de route auquel on n’est pas habitué. En plus des plaques noires et des routes sales, on a dû se battre avec la buée (rires). C’est une situation où on a eu de la peine à prendre confiance et être à l'aise.

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Photo, Championnat Suisse Rallye Junior

Thomas Schmid a clairement mis tout le monde d’accord. Tu t’attendais à une concurrence aussi affûtée dès la première manche cette année ?
Franchement, je ne m'attendais pas que ça aille si vite d'entrée. Mais ce n'est pas étonnant, dans ces conditions, Thomas est beaucoup plus à l'aise que nous.

Quelles sont tes ambitions cette année, toi qui a fini vice-champion junior l’an dernier ?
On va mettre toutes les chances de notre côté pour pouvoir faire au mieux et marquer un maximum de points sur chaque manche. Le titre serait une superbe récompense pour toute notre équipe.

Maintenant que tu as roulé de nombreuses courses en 208 R2, est-ce qu’on peut dire que c’est une voiture qui te correspond ?
C'est dur à dire parce que mis appart une simple Twingo R1, je n'ai jamais eu la chance de rouler autre chose. Mais c'est sûr que la 208 a un énorme potentiel et qu’on s'y sent très rapidement à l'aise.

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La fameuse Renault Twingo R1, désormais entre les mains du duo féminin Dauphin / Chesaux
Photo, Championnat Suisse Rallye Junior

Sur les routes du Gier, tu as vaincu le mauvais sort qui te poursuivait sur cette épreuve. De bonne augure pour la suite de la saison ?
Oui c'était l'objectif principal du week-end. En 2017 on avait fait à peine 1 kilomètre de plus qu'en 2016… une petite connerie qui nous a coûté cher au championnat (sourire). Pour le moment ça a déjà mieux commencé que les autres années.

Quel rallye attends-tu le plus ?
Le Valais bien sûr puisque c'est chez nous et qu'il nous a souvent souri !

As-tu une spéciale qui te plaît tout particulièrement et que tu te réjouis de faire cette année ?
Oui, la version longue des Cols restera toujours LA spéciale du championnat à mes yeux.

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Jonathan Michellod sur cette fameuse spéciale des Cols
Photo, Laura Duvillard

Au contraire, est-ce qu’il y a une spéciale, un rallye, une situation, un point particulier que tu redoutes cette saison ?
Il y a 2 spéciales dans lesquelles on a toujours été beaucoup moins performant que nos concurrents. Mais en y travaillant tout est possible.

Nouveau dynamisme pour le VHC grâce à l'un des pilotes qui multiplie les démarches

Cette année, la Coupe Suisse des Rallyes Historique, plus communément appelé le VHC, fête ses 10 ans d'existence. Après le premier titre de Patrick Heintz, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts. Le VHC a pris de l'ampleur comptant parfois jusqu'à une vingtaine de participants dans cette seule catégorie. Ces derniers temps, les listes ont été moins fournies, de quoi donner l'envie à certains pilotes et passionnés de VHC, Alain Rothlisberger en tête, de redorer le blason des historiques et donner l'envie à de nouveaux pilotes de les rejoindre. C'est pour cette raison que le jurassien a lancé plusieurs démarches afin d'optimiser la convivialité du VHC. Nous l'avons rencontré afin d'en parler et de revenir sur la genèse de ce projet.

Alain, peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je suis né en 1984 à Moutier et je suis à mon compte depuis quelques années. J'ai ouvert en 2015 Suacasa, ce qui est devenu mon activité principale où je vends cuisine et salle de bain.  Pour mon parcours automobile, comme beaucoup, je dois ma passion à mon père, qui me berçait déjà dans le ventre de ma maman en Fiat 131, Fiat que mon père détruira … en venant me voir à ma naissance. Après avoir passé par la case karting où j’ai fini 1er du Championnat Romand, j’ai dû hélas arrêter en raison du budget serré de ma famille, nous étions trois frères. Mon papa s’est lancé ensuite en course de côte… en Fiat 131 – encore une - et j’ai donc suivi ses aventures durant une bonne quinzaine d’années. J’ai ensuite pu faire de l’assistance à Steeves Schneeberger en 2014 et ça m’a donné l’envie de m’y mettre. J’ai adoré l’ambiance, le rallye est un monde totalement à part et on y vit la passion du VHC à 300%. Après un passage en 205 GTI, j’ai découvert la Ford Escort au Crité 2016 et depuis là, je ne l’ai plus lâchée !

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Alain Rothlisberger au volant de sa Ford Escort
Photo, Championnat Suisse des Rallyes Historiques

Pourquoi avoir choisi de mettre l’accent sur le VHC et y travailler plus activement encore ?
Alors je crois que tu as pas mal de raison ci-dessus pour le pourquoi du VHC... c'est aussi ma catégorie, et on en a pas mal parlé avec les pilotes, beaucoup de choses ressortaient toujours, et c'est au Valais que vraiment j'ai décidé de faire quelque chose. C'est en discutant avec Eddy Bérard, qui lui-même fait déjà beaucoup de son coté, que j'ai voulu amener mon aide de mon côté et je trouve aussi un grand soutien de son côté. Il fait ce championnat depuis son début et il connaît déjà beaucoup de monde.  Ensuite c’est une passion. C’est un amour des vieilles voitures. Je suis admiratif des pilotes qui roulaient ces autos et j’aime faire vivre ça. J’ai aimé les voir en bord de piste et je sais que d’autres aiment aussi les voir rouler.  J’aimerai avoir un paddock aussi fourni qu’en France. Et les voiture il y en a.  Faut maintenant motiver les gens à les rouler.

Quels sont les premières « mesures » que tu as mises en place ?
J'ai tout de suite commencé à regarder qui allait rouler en 2018, j'ai pris les contacts de tout le monde et j'ai cherché à voir comment les gens réagiraient à une "organisation" propre au VHC. L'idée m'a été soufflé, et j'ai simplement repris l'idée du Championnat Junior. Le but étant d'organiser conjointement avec l'ASS en tant que "promoteur", mais cette saison 2018 sera préparatoire. Cela permettra néanmoins de mettre déjà sur pied plusieurs points qui me tiennent à cœur comme créer de la convivialité et faire parler du VHC. Je me suis approchée de pas mal de monde et à mon étonnement tous veulent aller dans le sens du VHC, beaucoup ont des idées et je n'ai peut-être que le mérite de vouloir mettre bout à bout tout ce qu’on me donne comme idée, déjà des fois longuement réfléchies.  Donc pour 2018, nous tenterons de créer de la « convivialité » de notre petit championnat en veillant à apporter cette sympathie recherchée par les pilotes, rassembler tous les VHC au même endroit, demander des partenariats media et autres pour qu’on parle de nous et j'espère que 2019 soit soutenu par l'ASS.  Dans l'attente nous suivrons toutes les courses du Championnat Suisse. Et bien sûr suivre nos pilotes suisses dans leurs périples autour du monde.  Le seul but étant toujours d'avoir un maximum de plaisir avec de beaux rallyes.
Dans ce sens-là, nous avons ouvert un site qui est consacré à la Coupe Suisse des Rallyes Historiques disponible à l’adresse www.csrh.ch. Une nouvelle catégorie VHC Classic verra le jour également cette année, une catégorie que nous développerons et parlerons des pilotes et voitures.
Plein d’idée fourmillent dans ma tête mais on va déjà passé cette année 2018 et voir les retours que nous allons avoir. De toute manière quand on fait les choses par passion, le seul objectif est le partage et le plaisir.

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Les équipages engagés en VHC lors du 1er Rallye Historique du Valais en octobre dernier

Y a-t-il déjà eu un retour, notamment avec l’ASS ?
J’ai eu la possibilité de m’entretenir avec Auto Sport Suisse à la fin février. Cette séance a été super positive. Les discussions sont donc officiellement ouvertes avec l’ASS et nous avons longuement parlé des aspects techniques du VHC. Nous ferons un point à la mi-saison pour voir si les démarches entreprises trouvent leur public. Nous reprendrons les discussions à ce moment-là.

Comment peut-on t’aider à mettre plus en avant le VHC ?
Les media, cela passe essentiellement par là aujourd’hui, le fait d'avoir des paddocks ensemble augmente la convivialité interne, mais très clairement être médiatisé permettra de donner envie à d’autres de rouler ou au pire de venir nous voir. Et ça motive aussi d'avoir droit de temps à autre à une petite photo publiée ici ou là... La médiatisation nous permettra aussi d’intéresser des partenaires afin de faire des dotations et des prix plus intéressants encore et surtout pour tous, encore une fois on le fait par passion et rentrer avec un petit quelque chose à la maison, ça fait toujours plaisir.

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Des opérations de communication ont d'ores et déjà été mises en place, comme ici lors de l'Oldtimer Teilmarkt à Fribourg

Qu’est-ce qui coince actuellement selon toi pour développer l’aspect VHC en rallye ?
A mon sens, il manque de communication en Suisse allemande. Le Gotthard aurait vraiment fait le pont manquant. Et je regrette qu'il n’aboutisse pas pour l’instant.  Les media là-bas ne parlent pas assez de nous.  Et la convivialité est une clé...  Personne ne va dépenser des milliers de francs pour passer un week-end sans intérêt. C'est une passion et on veut passer un bon moment. Il y a aussi l'aspect du PTH qui n'est pas négligeable et c'est un gros nœud que j’essaie de comprendre, entre manque d'info de l'ASS et manque de connaissance des concurrents. En fait le système est assez clair mais compliqué et il manque un explicatif clair pour tout ça. Pour beaucoup, c'est décourageant... Plusieurs pilotes ont juste abandonné l’idée du VHC alors que la situation n'est pas si compliquée en fait..  J’aimerai réussir à mettre un pont entre amateur envieux et passionné bien renseigné pour optimiser la construction des PTH et faciliter par la même le travail de l'ASS.  Avec le développement du VHC Classic, on y travaille. L’idée d’Eric Jordan est juste parfaite. Ceci permettra à des pilotes de rouler en Classic avec des contraintes moindres avant de passer au VHC comme nous le connaissons jusqu’à maintenant.

Les premières démarches ont été mises en place pour 2018. Peux-tu nous en parler ?
Lors du Pays du Gier, une tente commune a été montée pour les trois pilotes inscrits et pour le Critérium Jurassien, des partenaires se sont ajoutés à l'opération permettanat d'offrir deux pour un SPA à Saignelégier et un bon pour des cafés dans un bistrot de la région. De plus, l'accueil lors de de la remise du roadbook a été amélioré avec croissant et chocolat. Ce n'est pas grand-chose mais c'est ainsi que l'esprit de convivialité démarre. J'espère de tout coeur que nous pourrons continuer les démarche ainsi pour les prochains rallyes. Pour l'instant, on finance tout cela nous-même, mais les premiers soutiens arrivent.

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Les différents cadeaux reçus par les participants à la catégorie VHC lors du Critérium 2018

Si vous aussi vous souhaitez aider Alain et les personnes qui mettent en avant le VHC, rendez-vous sur le site créé depuis ce début d'année concernant la Coupe Suisse des Rallyes Historiques, www.csrh.ch ainsi que sur leur page Facebook.

Jonathan Chablais désormais en Junior : "On espère enfin voir l'arrivée cette année"

Après une première saison galère où les abandons se sont enchainés, le jeune Jonathan Chablais se lance dans l’aventure du Championnat Suisse Rallye Junior avec une nouvelle copilote, son papa Patrick ayant décidé de raccrocher le carnet. Avant de prendre la direction du Jura et des spéciales du 41ème Crité, nous l’avons rencontré.

Jonathan, peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je suis frigoriste de formation, mes passions sont bien évidemment le sport auto mais aussi le foot.

Quel est ton parcours en sport automobile ?
Avant de me lancer en rallye lors du Rallye du Chablais l’an dernier, j’ai réalisé quelques slaloms et courses de côte en local, puis en régional.

Tu t’es donc lancé dans l’aventure du rallye l’an dernier à l’occasion du Rallye du Chablais, à domicile. Comment étais-tu arrivé à prendre le départ de cette épreuve ?
Ca faisait longtemps que l’idée était là, on voulait se lancer avec mon père « sur notre rallye » mais faute de budget, il a fallu attendre un peu. C’est en 2017 que l’occasion s’est présentée.

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Photo, Trusk Images

Tes expériences se sont malheureusement soldées pour l’instant par 2 abandons mécaniques. Pas trop rageant ?
C’est toujours rageant de devoir abandonner surtout quand la mécanique fais des siennes, mais je prends ça comme de l’expérience et on espère faire mieux cette année … et enfin voir une ligne d’arrivée.

Cette saison, plusieurs rallyes au programme, en Junior, avec une demoiselle à tes côtés et non plus ton papa. Peux-tu nous la présenter et nous dire comment en êtes-vous arrivé à faire du rallye ensemble ?
Mon père voulant prendre sa retraite, il a fallu trouver un nouveau co-pilote. Suite à une annonce de ma part, Justine s’est directement présentée pour le poste et étant donné qu’on s’était rencontré sur un rallye en France il y a 1-2 ans, j’ai sauté sur l’occasion.

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Justine Karami sera la copilote de Jonathan Chablais cette saison
Photo, Justine Karami Racing

Quel est ton programme cette saison justement ?
Nous avons planifié le Critérium, le Chablais, et si tout se passe bien le Valais pour finir. Si de nouveaux partenaires se présentent on n’exclut pas de rallonger la liste mais cela reste à voir. Quant à la voiture que nous aurons, il s’agira toujours de la même 208, préparée par WPA Racing.

Avec quel objectif pars-tu dans ce Championnat Junior qui s’annonce très relevé cette saison ?
Les objectifs avant tout seront de rallier les arrivées et avec la voiture entière si possible (rires). Pour le reste, on ne se fixe pas de limite. Juste prendre du plaisir et d’aller le plus loin possible .

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Photo, Sylvie Aubert

Jean-Marie Renaud : "Manu Guex m'a motivé pour ma dernière en Junior"

Jean-Marie Renaud fait partie des pilotes les plus aguerris en Championnat Suisse Rallye Junior. Au sein de cette compétition depuis plusieurs saisons, le vaudois atteint gentiment l'âge limite de participation. Pour cette dernière qui sonne, il change de copilote, par la force des choses. Après une première manche où il termine troisième des R2, nous l'avons rencontré. A noter également qu'il organisera son souper de soutien le samedi 21 avril à Gimel dès 18h30. Plus d'infos sur sa page officielle Facebook Renaud Sport Rally Team.

Jean-Marie, tu es à nouveau au départ du Championnat Suisse Rallye Junior, mais cette fois-ci avec un nouveau copilote en la personne de Manu Guex. C'est un nouveau challenge du coup ?
Oui, nouveau copilote et nouveau challenge, surtout quand on a la chance d'avoir un navigateur à côté de soi qui a une grande expérience comme lui. Lorsqu'on s'est entrainé avant la première manche, on a eu immédiatement un bon feeling ce qui nous a tout de suite mis à l'aise.

Tu seras à nouveau au départ avec une Peugeot 208 R2. Mais cette fois-ci, c'est ta dernière chance au vu de tes 28 ans qui approche. Est-ce que ça met une pression supplémentaire de se dire que c'est "la der ou jamais" ?
Je reste fidèle à la 208 et au Championnat Junior étant donné que c'est la dernière année où je peux y participer. De la pression, il y en a toujours, mais pas plus que l'année précédente. Je roule avant tout pour le plaisir et je ne me mets pas de plus de pression en me disant que c'est la dernière... Il faut rouler au mieux de ce que l'on peut.

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Photo, Championnat Suisse Rallye Junior

Tu connais désormais bien la saison et la voiture. C'est un point qui pourra pencher dans la balance ?
C'est sûr que ça aide, mais après on est pas à l'abri de changements de parcours notamment, donc rien n'est certain sur ce point. Quant à la voiture, je la connais mais pas suffisamment pour rouler vite. La 208 a un sacré potentiel. Il va falloir y aller crescendo durant la saison.

Peux-tu nous expliquer comment Manu Guex s'est retrouvé dans ton baquet de droite ?
Yannick Schriber, mon ancien copilote, voulait partir pour de nouvelles aventures avec Nicolas Lathion en 208 Cup en France, alors je ne l'ai pas retenu pour cette belle aventure qui s'annonçait pour lui. En passant, je leur souhaite plein succès pour ce championnat (ils signent la 12ème place sur 18 lors de leur premier rallye ensemble et premier rallye terre, ndlr). Après cette décision, j'ai quand même hésité à repartir pour cette saison. J'ai pris contact avec Manu que je connaissais déjà dans le monde du rallye et je lui ai expliqué mon projet. Il a été d'accord de me suivre, ce qui m'a motivé à continuer surtout pour ma dernière saison en Junior.

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Jusqu'à présent, si tu devais garder en tête un moment qui t'a marqué en rallye, ce serait lequel ?
Lorsque j'ai navigué ma copine Stéphanie Le Coultre au Rallye de San Remo en Italie en 2011.

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Le couple Le Coultre / Renaud lors du San Remo 2011
Photo, Matteo Nasi

 

Stéphane Offreda & Alyssa Ciampa prêts pour leur premier rallye lors du Crité

Parmi les équipages engagés au Critérium Jurassien cette année, le nom de Stéphane Offreda fera son apparition. Habitué aux compétitions de slalom, le jurassien se lance dans l'aventure du rallye pour tester la discipline phare en Suisse au niveau des sports motorisés comme il nous l'a expliqué lors de notre rencontre. Afin de connaitre un peu mieux ce nouvel équipage de rallye, nous sommes partis à la rencontre de ce couple qui vit chacun à une extrémité de la Suisse romande. Au lieu de parcourir des kilomètres pour se voir, ils partageront ensemble, le temps d'un week-end, l'habitacle de leur voiture de rallye.

Stéphane, peux-tu te présenter en quelques mots et présenter ton parcours en sport auto jusqu’à présent ?
Je suis développeur Web et je viens du Jura. J’ai commencé le sport automobile assez tard car mes hobbies étaient plutôt, de par mon métier, l’informatique, les jeux vidéo et les mangas. On va dire que c’est après avoir lu le manga Initial D (courses de voitures au Japon) que j’ai réellement apprécié les voitures. Jeune et bête, je pensais à tort à l’époque qu’aller à fond était nécessairement synonyme d’aller vite. Puis après mon premier accident, je me suis rendu compte qu’il fallait que j’apprenne sérieusement à rouler. C’est à partir de ce moment que j’ai commencé à prendre des cours, faire du circuit et du slalom. Au niveau compétition, j’ai participé à des nombreux slaloms en LOCAL depuis 2013 et je suis licencié depuis l’année passée.

Tu te lances dans l’aventure du rallye. Pourquoi cette discipline ?
Il y plein de raisons mais je pense que la principale est le fait de partager ma passion avec ma copine qui me co-pilote. Ensuite, comme le rallye est la discipline phare en Suisse, cela m’a poussé à tenter l’aventure. Pour finir, cela me permettra d’améliorer mes compétences dans un cadre différent de celui dont j’ai l’habitude. Le choix s’est porté sur le Crité qui est l’épreuve à domicile pour toi.

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Stéphane et Alyssa autour de leur 106 qu'ils étrenneront lors du Critérium

Tu t’es toujours dit que si tu débutais, tu le ferais sur tes routes ?
Oui et non, malgré le fait que c’est à domicile, je ne connais pas forcément les routes qui servent de spéciales. On va dire que c’est plutôt l’un des premiers sur le calendrier et le délai idéal pour moi pour débuter la saison. Par contre, cela me procure un immense plaisir de courir à domicile. En effet, c’est toujours gratifiant de se dire qu’on va enfin pouvoir rouler plutôt que regarder !

Quels ont été les préparatifs pour y arriver ?
Déjà l’apprentissage du rallye en lui-même. Cela semble tellement différent des slaloms au niveau pilotage. L’écoute des notes est une chose compliquée à maitriser pour moi qui ai toujours été habitué aux parcours « par cœur ». C’est la raison pour laquelle, nous avons pris du temps, Alyssa et moi, à s’entraîner sur des jeux de simulation ou sur des spéciales improvisées. Mais le plus gros de boulot a été de chercher du soutien pour financer le budget qui est juste énormément plus élevé que du simple slalom (même avec une voiture petit budget). Au niveau mécanique, n’étant pas du métier, j’ai dû faire appel à quelques potes/membres de la famille pour m’aider à préparer la voiture. Je les remercie d’ailleurs tout particulièrement !

Tu peux nous parler de ta voiture ?
C’est une Peugeot 106 GTi que j’ai achetée complètement d’origine en 2013. Je l’ai d’abord légèrement préparée pour le slalom en L2 (siège, volant, amortisseurs, rabaissement). Puis gentiment j’ai monté un arceau pour passer en L4. Plus tard et connaissant la complexité du passage à l’expertise avec des modifications, j’ai préféré commencer à rouler en licencié. Du coup, j’ai installé petit à petit les éléments de sécurité et les préparations admises en groupe N.

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Photo, Rami Hänggi

À tes côtés, ton amie Alyssa. Elle est autant passionnée de rallye que toi? Peux-tu nous la présenter ?
Elle habite à Sion et a terminé sa formation en soins infirmiers l’année passée. Elle effectue actuellement ses études de sage-femme à Lausanne. Depuis toute petite, elle se tient sur les bords des spéciales en spectatrice. Mais comme elle le dit, elle n'aurait jamais imaginé qu'un jour elle serait dans la voiture. Elle a découvert le monde du sport automobile via les slaloms il y a quelques années et c'est ce qui lui a donné envie de franchir le pas. C’est lors de notre première rencontre il y a deux ans au Rallye du Chablais que nous avons évoqué cette possibilité et que petit à petit le projet s’est concrétisé. C’est donc avec impatience qu’elle prendra place dans le baquet de droite pour la première fois.

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As-tu déjà une idée de la suite de ta saison ?
Si tout se passe bien au Critérium, je pense effectuer encore un ou deux rallyes cette saison, probablement le Chablais et peut-être le Rallye International du Valais. Puis, je participerai à quelques slaloms (Bière, Romont, Chamblon) pour tenter d’améliorer mes temps des années précédentes. En fin de saison, je vais plutôt me concentrer sur les cours particuliers de pilotage qui me font énormément progresser. Car l’amélioration de mon pilotage, c’est pour le moment mon objectif principal.

Cédéric Monnot au départ du Critérium Jurassien, 5 ans après

Parmi les pilotes inscrits au prochain Critérium Jurassien figurera le nom de Cédéric Monnot, trentenaire neuchâtelois, qui a choisi de retenter l'expérience du rallye après un premier one-shot en 2013 qui s'est hélas soldé par un abandon. Avant le grand départ de la mi-avril, inforallye.ch a rencontré celui qui s'impatiente d'être au départ du Crité 2018.

Cédéric, peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je m'appelle Cédéric Monnot, j'habite Le Locle, j'ai 35 ans cette année et je suis papa d'une petite puce de 16 mois.

Quel est ton parcours en sport automobile jusqu'à présent ?
J'ai commencé un peu comme tout le monde en faisant du slalom en local et par la suite en licencié. J'ai aussi fait quelque courses de côte et après je me suis monté une Saxo VTS pour réaliser un rêve : participer au Critérium Jurassien. Mais je n'ai jamais passé la ligne d'arrivée suite à des ennuis mécaniques.

Pourquoi avoir choisi de reprendre le départ d'un rallye ? Et plus précisément ce Critérium Jurassien ?
Pour mes 35 ans, j'ai décidé de repartir en rallye mais cette fois-ci en louant une voiture. Le choix de Critérium s'est imposé à nous car c'est une région qui me plait et un rallye magnifique. Je me suis dis "pourquoi pas repartir là où tout s'est arreté en 2013... et passer cette ligne d'arrivée !" Au départ, on était parti pour louer une 208 R2, mais après un bon moment de réflexion et de calcul de budget, on a finalement décidé d'être au départ avec une fiesta R3 que nous louons chez Gobo.

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Photo, Teambeyou

Sur ta page Facebook, tu indiques "Le rêve d'une vie". Le rêve d'une voiture comme celle-ci ?
Ca a toujours été un rêve de rouler une voiture à boite séquentielle et performante.

Qui sera à tes côtés pour te seconder dans le rôle de copilote ?
A la base, ça aurait dû être ma moitié qui partage ma vie, ma compagne Ludivine. Mais après réflexion et ne voulant pas mettre les deux parents dans la meme voiture, ça sera finalement Sébastien Schaller qui me naviguera lors du Critérium.

Est-ce que tu prévois d'autres courses durant l'année ?
Si on arrive a boucler notre budget, nous serons au départ du Chablais et du Rallye International du Valais.

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Cédéric Monnot lors de sa participation au Crité en 2013
Photo, Florian Sedrati

Pour mieux faire connaissance, voici quelques questions sous forme de portraits chinois :
Si tu étais un rallye en Suisse, lequel choisirais-tu ?
Le Critérium Jurassien, vu que mes origines sont jurassiennes.

Si tu étais une voiture de rallye ?
Une Peugeot 205 T16

Si tu étais un autre rôle en rallye que celui de pilote ?
Mécano

Si tu étais une manche du WRC ?
Le Rallye d Allemagne

Nicolas Lathion : "On sait très bien qu'on va se faire laver la gueule"

Cette phrase en titre, c'est celle prononcée par Nicolas Lathion, Champion Suisse Junior en titre, qui s'est confié à inforallye.ch avant le début de sa saison. Celle-ci débutera en France ce week-end à l'occasion du Rallye Terre des Causses dans le cadre de sa participation à la 208 Rally Cup, une compétition exigeante et qui demande d'être au top, dès les premiers tours de roues. C'est dans ce cadre-là que Nico risque de "se faire laver la gueule" comme il nous l'a dit. Entre les manches françaises, le Champion Suisse Rallye Junior en titre participera au Clio R3T Alps Trophy, lors de deux manches helvétiques, en guise de prix final de sa place de leader à l'issue de la dernière saison réservée aux moins de 28 ans. Avec le valaisan, on parle sans détour de ces deux compétitions auxquelles il prendra part cette année, avec une préparation intense et importante. Rencontre.

Nico, après ton succès en Junior l’an dernier, te voici désormais inscrit en Clio R3T Alps Trophy. Sur quelles manches seras-tu présent ?
Et bien grâce à la dotation de notre titre, nous serons présents au Crité et au Valais. J’en profite pour remercier l’organisation du Junior et tous leurs partenaires. Et puis si planning et budget le permettent, nous ferons peut-être une autre pige dans ce championnat !

On a pu voir récemment que tu étais en test avec cette voiture pour la prendre en main comme il se doit. Comment se sont déroulés ces tests ? Quelles ont été les premières sensations à ce sujet ?
Ça s’est super bien déroulé, il faisait beau donc on a pu bien attaquer et tester les limites de cette auto. Alors il est vrai que j’étais un peu septique avant de l’essayer, mais j’ai été vraiment surpris. Ça marche vraiment fort, un couple de fou et des reprises qui permettent quelques erreurs comparées à la 208. Seuls petits bémols pour moi, ce sont les freins et l’aseptisation intérieur. Difficile de s’habituer au bang sur les freinages et surtout à se rendre compte de la vitesse. Je me réjouis de pouvoir faire des kilomètres sur un rallye pour voir comment !

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Photo, Clio R3T Alps Trophy

A tes côtés, Yannick Schriber a remplacé Gaëtan Lathion. Ces premiers kilomètres d’essai ont été satisfaisants pour créer un nouvel équipage fort ?
Eh bien oui ça fait du bien de pouvoir s’entraîner grandeur nature. Mais nous bossons quand même pas mal soit sur nos routes, soit sur caméra pour essayer d’être d’entrée opérationnel. Après le feeling est là en dehors de la voiture, donc il n’y a pas de raison que ça se passe pas dans l’habitacle. De toute façon, il n’y a pas de miracles, il faut des kilomètres pour être au top !

En dehors du Clio R3T Alps Trophy, tu participeras également à la 208 Rally Cup cette saison. Un objectif ambitieux que tu abordes comment ?
Comme d’hab, dans la joie et la bonne humeur (rires) Non, plus sérieusement, c’est du job, on prépare ça depuis août 2017, c’est un sacré budget et surtout un investissement personnel conséquent. Baisse du temps de travail, 40 jours de congés pour le rallye, régime, préparation physique, recherche de partenaires…. pas le temps de respirer (rire) mais on se réjouit de cette belle aventure, des rallyes qu’on va découvrir sur des surfaces bien différentes, une autre ambiance et surtout un niveau très élevé. Vivement la fin du mois !

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Nicolas Lathion et Yannick Schriber ont testé la terre lors d'une séance d'essai avant le Terre des Causses
Photo, Anthony Lalevée - Anthorallye

Plusieurs pilotes suisses qu’on peut qualifier de « rapide » ont connu quelques difficultés à briller – en tout cas sur la longueur – en 208 Cup ces dernières années. C’est une pression supplémentaire pour toi ?
C’est clair que c’est des rallyes du championnat de France, donc plus de 200km pour les asphaltes et 150km pour les terres, ce qui représente quasi 500km de plus qu’en Suisse. C’est chaque fois des gros morceaux et avec le rythme qu’il y a dans cette coupe, ça va être chaude patate. Mais si le budget nous permet, on fera le plus de manches possibles afin d’engranger le maximum d’expérience. Après comme on dit chez nous, on sait très bien qu’on va « se faire laver la gueule », donc le principal objectif est de se faire plaisir et la seule « pression », ça sera celle qu’on boira après la course (rire).

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Photo, Lathion Rally Team

David Erard, d'hockeyeur professionnel à pilote de rallye

Le rallye est une passion chez les Erard. De Philippe le grand-père à Patrick le papa et Daniel l'oncle, ils sont nombreux à avoir pris place dans le baquet d'une voiture de course. David, le petit-fils de la descendance Erard ne pouvait faire autrement. Pourtant, avant de se plonger véritablement dans l'aventure du rallye, il a pratiqué en tant qu'hockeyeur professionnel au HC Ajoie. Désormais reconverti pour des raisons de santé, le jeune David nous pousse la porte de son garage pour nous présenter la belle Clio qu'il a monté avec sa famille et ses amis. Rencontre à Saignelégier, le berceau du prochain Critérium Jurassien.

David, peux-tu te présenter en quelques mots ?
J'ai 22 ans et j’habite à Saignelégier, je suis planificateur financier depuis plus d’un an maintenant et j’ai commencé par être employé de commerce après mon école secondaire. J’ai été pendant 5 ans joueurs de hockey sur glace au HC Ajoie en LNB, mais après une blessure compliquée à l’épaule, je joue maintenant en 1ère ligue au HC Franches-Montagnes. Depuis que le hockey n’est plus mon travail, mon rêve de rallye a pu commencer étant donné que je n’avais pas le droit aux sports à risque avant.

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Comment es-tu arrivé à te lancer dans l’aventure du rallye ?
Le Garage Erard a plus de 75ans, l’automobile est dans les veines de notre famille. Mon grand-père Philippe était un super pilote avec au palmarès 297 courses pour 139 victoires en R8 Gordini et Alpine A110 1600S. Par la suite, mon père (Patrick) et mon oncle (Daniel) ont roulé en Clio 16S pendant des années. Lors du Critérium 2016, j’ai misé sur une Clio RS sur Ricardo dans le dos de mon père qui n’était pas encore au courant pour mon idée de rallye en ce temps-là....48h après, je lui disais qu’on devait aller la chercher car j’avais remporté l’enchère. Depuis ce jour là nous n’avons plus calculé nos heures pour le démontage et la construction complète de cette voiture. Je profite ici pour remercier Dud, Luis, Papa, Julien, Daddy et surtout Brendan Schaffner pour le travail immense qu’ils ont fait car malheureusement pour ma part je suis encore novice en mécanique.

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Daniel Erard lors du Rallye de la Luronne 2007 où il terminait 10ème scratch
Photo, Williams70300

Pourquoi le choix d'une Clio Ragnotti ?
Nous avons la marque Renault depuis plus de 50ans, je me voyais donc mal commencer sur une autre marque. De plus, cette voiture est idéale pour commencer. Elle a un châssis au top et possède tout de même des chevaux sous le capot.

Quand on a été sportif professionnel comme toi, est-ce que tu penses que c’est plus simple pour te lancer dans un autre sport ?
Grâce au hockey je me suis forgé un caractère dur ainsi que de compétiteur et je pense que cela peut m’aider dans ce monde.

Tu vois quelques points communs entre ces deux sports ?
Pas beaucoup, mais il faut être très réactif dans ces deux sports et je pense que la concentration est présente autant dans l’un que dans l’autre. D’une autre part ce sont deux sports qui mérite d’avoir du cran et de ne pas se poser énormément de questions.

Quel programme prépares-tu pour cette première saison ?
Je suis actuellement en finale avec le HC Franches-Montagnes. Mon programme est très chargé, tellement chargé que je ne pouvais pas faire 4 slaloms ni suivre le cours à Hockenheim cette saison. Et comme je ne voulais pas repousser mes débuts d'une année supplémentaire, je suis donc parti sur la licence française comme j'ai la double nationalité. Ce qui explique les drapeaux français à côté de mon nom sur les vitres latérales (rires). Mon premier rallye sera donc à domicile avec le Critérium Jurassien. Ensuite je vais m’orienter sur 2 rallyes en France qui sont encore à définir pour prendre de l’expérience et j’espère faire encore le Rallye du Tessin avant que la saison de hockey recommence vu que je me suis engagé encore un an avec le HC Franches-Montagnes. Ensuite je ferai un bilan de ma première saison, des sensations et je prendrai la décision si le rallye deviendra ma priorité et surtout savoir si je veux me lancer dans la compétition et commencer à penser aux résultats.

Qui seras à tes côtés ?
Ce sera Luis Campaniço, un collègue et ami. Il a déjà couru aux côtés de Michaël Burri à ses débuts en 2009 avec une Saxo N2, mais depuis là il n’a plus jamais couru en tant que copilote. Lors de nos essais en France en fin février, je me suis tout de suite senti à l’aise avec lui, on voit qu’il connaît son rôle et il me sera d’une énorme importance. Il va m’accompagner tant qu’il le peut mais il n’est pas exclu que je fasse un rallye avec quelqu’un d’autre.

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Tu as déjà pu rouler ta voiture en test ?
J’ai fait mes premiers essais le 23 février en France sur une spéciale de 3km, c’était juste la classe ! La voiture est performante et colle bien à la route. Pour mes premières sensations en tant que pilote, je dois dire que je n’ai jamais ressenti cela. Plus la journée avançait et plus on roulait vite, on nous as dit que pour une première c’était top, propre et rapide, c’est donc motivant. Je me réjouis déjà de la prochaine séance que nous allons faire avant le Crité pour les derniers réglages. Le Crité sera vraiment un rallye pour prendre connaissance de ce sport et donc sans prétentions ne serait-ce que d’arriver au bout.

Olivier Courtois : "Quand tu regardes dans le rétroviseur, c'est que tu n'avances pas"

Le Rallye du Pays du Gier marque le début de la saison pour tous les amateurs de rallye en Suisse. Sur les routes de la région de Saint-Chamond, à deux pas de Saint-Etienne, la trentaine d'équipages helvétiques tentera de se battre pour réaliser le meilleur résultat possible. Parmi la meute de suisses, trois français participeront au Clio R3T Alps Trophy cette saison, dont Olivier Courtois, habitué à la compétition et qui revient cette année après avoir été l'un des favoris en fin de saison l'an dernier. L'alsacien, avant son départ pour le Gier qu'il découvre, nous livre ses impressions. Rencontre.

Olivier, tu es devenu un habitué du Clio R3T Alps Trophy avec plusieurs participations à ton actif. Avec quel objectif pars-tu dans ce trophée cette année ?
Mon objectif cette saison est comme depuis toujours de prendre du plaisir et passer du bon temps avec mon copilote et mon équipe. En général, quand le plaisir est au rendez-vous, les sensations sont bonnes et les résultats suivent...

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Photo, Courtois Sport

L'an dernier, tu étais proche de remporter ce trophée avant une sortie de route sur les routes du Rallye International du Valais. Ce n'était pas trop frustrant ?
Le résultat du Valais sur le moment était frustrant mais à cet instant de la course, je devais passer à l'offensive si je voulais rivaliser avec Ismaël Vuistiner et je n'ai pas de regrets sur ce point de vue.

Cette nouvelle saison débute par le Rallye du Pays du Gier. Une épreuve que tu vas découvrir.
Ce début de saison commence effectivement par le Gier que je ne connais pas. J'espère que ce sera une belle découverte.

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Photo, Rallyecal

Quelle épreuve te réjouis-tu de réaliser et au contraire, quelle épreuve crains-tu entre guillemets pour cette nouvelle saison?
Le trophée Alps est beau dans sa globalité et je n'ai pas de préférence pour une quelconque épreuve. J'ai juste un regret en tant que français concernant l'épreuve du Pays du Gier qui n'est pas reconnue comme une épreuve comptant pour le Championnat de France des Rallyes alors que le Rallye du Mont-Blanc, que nous parcourrons plus tard dans la saison, l'est.

Quel meilleur souvenir gardes-tu de la Clio R3T jusqu'à présent ?
Le meilleur souvenir que je garde de la Clio R3T est celui du Rallye Monte-Carlo en 2016 avec une fiabilité au top de l'équipe et de la voiture.

Et si l'on extrapole quelque peu, quel est ton meilleur souvenir en rallye ?
Avec mes 33 ans de sport auto, des souvenirs j'en ai plein la tête mais j'espère que les meilleurs sont à venir... et comme on dit entre copain qui partageons la même passion : "quand tu regardes dans le rétroviseur, c'est que tu n'avances pas."

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Photo, Courtois Sport

Ricardo Araujo : "On essaiera d'être outsider"

A quelques jours du départ du Rallye du Pays du Gier, c'est l'effervescence pour la trentaine de pilotes helvétiques inscrits à cette première manche à l'image de Ricardo Araujo qui prendra le départ du rallye au volant d'une Renault Clio R3T qu'il découvrira, lui qui a choisi le Clio R3T Alps Trophy pour affronter la concurrence cette année. Nous l'avons rencontré avant son départ pour Saint-Chamond.

Ricardo, tu nous avais présenté les caractéristiques sur la voiture en début d'année. Elle t'avait plu mais tu n'avais pas pris de décision ferme. C'est désormais chose faite. Pourquoi avoir choisi cette formule plutôt que la 208 R2 qui t'avait bien plu ?
Effectivement, on a pris une décision...nous avions plusieurs possibilités avec la 208. Mais le choix de la Clio sera mieux pour nous, avec l’enjeu du trophée et des primes qui l'entourent.

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Ce sera ton premier trophée du genre. Tu t'en réjouis ?
Oui, ce sera effectivement mon tout premier trophée... On a vraiment hâte d’y être ! J’ai toujours roulé pour le plaisir sans véritable bataille, ce sera donc la première fois qu’il y aura un réel esprit de compétition.

Tu n'es pas trop stressé par cette nouvelle échéance ?
Toujours un peu stressé avant le premier départ, ce qui est normal, mais j’essaie de ne pas trop y penser. Il y aura de la concurrence, on essaiera d’être outsider...

C'est Audrey Zwahlen qui sera à tes côtés, comme lors du dernier Rallye International du Valais. Vous avez eu le bon feeling ?
La confiance et le feeling avec Audrey ont tout de suite été présents. Elle est dynamique, ce qui me booste pas mal je dois dire (sourire).

22861677 1658147274203519 2939555431868658895 oLa 208 qu'a étrenné le duo Ricardo Araujo / Audrey Zwahlen lors du dernier Rallye International du Valais
Photo, SColliardPhotography

Comment prépares-tu le premier rallye de la saison ?
Nous avons prévu une journée de test afin de pouvoir bien régler l’auto, essayer les différentes plaquettes de freins et autres... et surtout pour pouvoir prendre confiance. Je ferai également durant la saison 2-3 cours de notes avec mon collègue Hugo Magalhaes pour essayer d’être le plus au top possible.

Tu as prévu une saison complète ou tu verras en fonction du budget ?
Nous partons pour la saison complète, toutefois, le budget est pas complètement bouclé. Nous travaillons dur pour ça et nous organiserons également une soirée de soutien le 12 mai afin de pouvoir y arriver.

Julien Camandona : "On a beaucoup appris en 2017, surtout de nos erreurs"

La Coupe Suisse des Rallyes Historique a offert du spectacle l'an dernier, notamment grâce à la BMW de Julien Camandona, souvent en travers. Le pilote vaudois, fils d'un certain Philippe - ancien champion suisse de la discipline - a de qui tenir. Après une première saison, il dresse un bilan plutôt positif et nous parle de l'avenir et de sa prochaine saison. Rencontre.

Julien, comment peux-tu résumer ta saison dernière ?
La saison 2017 a été faite de hauts et de bas, entre une sortie de route, des réglages de voiture difficiles après la sortie de route, un Rallye International du Valais rempli de rebondissements et une victoire au Tessin. Pour une première, on a beaucoup appris, surtout de nos erreurs.

Qu’as-tu prévu pour cette nouvelle saison qui pointe le bout de son nez ?
Cette année on va essayer de commencer plus sagement pour monter en puissance. Nous aimerions nous aligner sur l'entier du championnat si la voiture tient, si on a le budget, s’il nous reste assez de vacances et si l'assistance est présente... ce qui fait tout de même beaucoup de « si » à assembler (rires). Mais on l'intention de rouler cette année, c’est certain.

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Photo, Arno - flashencote.fr.gd

Toujours avec le même copilote et la BMW ?
Oui, ce sera le même trio cette année.

On t’a vu notamment sur le podium du premier Rallye Historique du Valais. Est-ce que c’était un objectif pour toi ? Qu’as-tu pensé de ce rallye ?
Pour le Valais, on était 6 au départ, on pouvait donc viser un podium. Nous sommes partis sur un rythme tranquille et avons haussé le ton lors de la 1ère journée. A la surprise générale, on pointait 1er avec 1 minute et 11 secondes d'avance à la fin de la 1ère journée. Le 2ème jour fut plus compliqué, on a cassé l'échappement avec des pertes de puissance. On a perdu au fil des spéciales de précieuses secondes et avec une pénalité, nous avons fini à une très belle 2ème place. La 1ère aurait été mieux... mais on essayera en 2018. C'était mon 1er Rallye International du Valais et le tout premier pour les historiques, alors je ne pense pas avoir assez de recul pour faire une critique au plus juste.

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Photo, Gaudin Rallye Team

Quel est ton meilleur souvenir de 2017 ? Et le pire ?
Les meilleurs souvenirs sont sûrement quelques travers dans les cols à plus de 120km/h. Par contre pour les pires souvenirs, je dirais que notre sortie de route est la première à laquelle je pense. Mais le pire week-end fut le Tessin où on est tombé en panne avec le bus d'assistance, donc tout le week-end je réfléchissais à la meilleure solution pour rapatrier tout notre chargement.

En 2018, tu as quels objectifs ?
Après une 2ème place en Coupe Suisse Historique, on va essayer de faire un petit peu mieux. Mais on a aussi une autre idée … on verra si elle se réalise.

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Photo, Trusk Images, DomPix

Ismaël Vuistiner : "On a encore une bonne marge de progression avec la Clio R3T"

La saison 2018 du Championnat Suisse des Rallyes et par la même occasion du Clio R3T Alps Trophy est à bout touchant. Vendredi 16 mars, les moteurs vrombiront dans la région de Saint-Chamond pour la première manche helvétique. Parmi les engagés annoncés, l'équipage Ismaël Vuistiner / Florine Kummer qui nous a gentiment accueilli après leur participation au Monte-Carlo en guise de prix final du Clio R3T Alps Trophy 2017.

Un mois après le Monte-Carlo, que gardez-vous de cette expérience ?
L’ambiance d’une manche mondiale est juste fantastique. Les spéciales, les pilotes, les spectateurs tout est incroyable ! Ce qu’on retient le plus c’est d’avoir partagé cette aventure avec nos ouvreurs Philippe et Jessica, toute l’équipe de Renault Suisse, l’équipe de Chazel Technologie et les divers médias qui nous on suivi à cette occasion (merci à Florent, Grégory et Christophe). Ils ont tous été au petit soin avec nous. C’est une manche tellement difficile avec de nombreux kilomètres de spéciale et de routier, un manque de sommeil, l'état des routes, etc. Sans eux, l’aventure aurait été bien différente. On en ressort tellement grandi, c’est juste magnifique.

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Vous repartez pour une nouvelle aventure en Clio R3T Alps Trophy après votre victoire l’an dernier. On peut comprendre par là que cette voiture vous plait tout particulièrement ?
Bien évidemment, la Clio nous plait vraiment, c’est une voiture qui a un énorme potentiel. On a encore une bonne marge de progression. Quand on voit les résultats que peuvent faire des pilotes comme Florian Bernardi, Cédric Robert ou chez nous Aurélien Devanthéry et Florian Gonon, on est juste certain qu’on pourra encore bien évoluer cette saison.

Quand on est vainqueur sortant, est-ce qu’on peut partir dans ce trophée autrement qu’avec l’objectif d’une nouvelle victoire ?
Le Monte-Carlo reste bien évidemment notre objectif et surtout réussir à atteindre le port de Monaco
(sourire). Nous avons surtout envie de nous faire plaisir, de progresser au volant de cette auto et de retrouver toutes les personnes qui partagent notre passion. Les pilotes, co-pilotes, commissaires, bénévoles, spectateurs… C’est toute l’ambiance des parcs assistance et du rallye qui nous fait rêver. Cette année la concurrence s’annonce féroce avec pas moins de 8 équipages engagés sur la saison.

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Photo, Jojo photo amateur

Est-ce que ça met une pression supplémentaire ?
C’est plus une motivation supplémentaire qu’une pression. Ce trophée nous plait vraiment car on peut se confronter à d’autres pilotes, sur la même voiture, et c’est bien la meilleure façon de progresser.

Votre connaissance de la Clio R3T par rapport à d’autres adversaires moins habitués pourrait être un avantage pour vous ?
Il est clair que la Clio est une super voiture mais il faut quelques kilomètres pour bien la prendre en main. Certains pilotes ont plus de facilité que d’autres à se familiariser à une nouvelle voiture. Comme on a pu le constater sur la liste des engagés, les nouveaux/elles venus n’en sont pas à leur premier rallye donc on se réjouit d’être au Rallye du Pays du Gier car ça promet un bon moment de compétition.

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Photo, Massimo Prati

Est-ce que vous redoutez ou au contraire attendez avec impatience une épreuve ?
Depuis notre retour du Monte-Carlo, on a juste envie de remonter dans la Clio R3T, du coup on attend le rallye Pays du Gier avec beaucoup d’impatience. De plus, c’est le seul rallye de la saison qui est nouveau pour nous donc nous avons vraiment hâte de le découvrir.

Styve Juif : "Un trophée, c'est le meilleur choix pour progresser"

Le Clio R3T Alps Trophy a cette année la chance de pouvoir compter sur un plateau important, autant en termes qualitatif que quantitatif. Parmi tous les pilotes inscrits, le jeune Styve Juif franchit le pas et sera l'un des pilotes présents sur ce trophée organisé sur plusieurs manches suisses et françaises. Le pilote tout droit venu de l'Hexagone tentera sa chance afin de décrocher, en fin de saison, une participation au Rallye Monte-Carlo 2019 au volant de la Renault Clio R3T officielle de Renault Suisse. Nous l'avons rencontré.

Styve, peux-tu te présenter en quelques mots ?
J'ai 24 ans, j'ai commencé par le karting à l'âge de 11 ans dans la ligue Bourgogne - Franche-Comté. Quelques participations au Championnat de France minime/cadet sont également à mon actif. A 15 ans, j'ai été vice-champion de France en nationale à Mirecourt. Puis je n'ai pas tardé à prendre le volant d'une voiture de course puisque de 16 à 18 ans, j'ai participé aux rencontres Peugeot Sport Relais et Sprint 207. En formule de promotion "Coupe 207", je terminais régulièrement dans les huit premiers avec notamment un beau résultat à Dijon, à savoir une troisième place. Une fois le permis en poche, nous nous sommes orientés vers le rallye avec la Lotus Exige GT10, ce qui m'a valu des victoires scratchs, une deuxième place au National de la Luronne notamment. En 2015, nous avons changé de monture pour prendre le volant d'une 207. Nous avons terminé quatre fois au quatrième rang d'un national et avons remporté la catégorie R3 en Coupe de France des Rallyes à Samer ainsi que la victoire en trophée Junior. Les deux dernières saisons ont été rythmées par la 207 que nous avons emmené à la deuxième place des R3 sur le Rallye Lyon-Charbonnière et avons réalisé plusieurs podiums scratchs en régional.

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Photo, Nicolas Millet Photography

Ta pointe de vitesse est reconnue, surtout dans l’Est de la France. Cette pointe de vitesse, tu l'as connu dès tes débuts avec une voiture peu conventionnelle, en tout cas sous nos latitudes, à savoir la Lotus Exige GT10. Pourquoi avais-tu fait ce choix ?
A l'époque, pour des raisons professionnelles, je n'avais pas le temps de m'occuper d'une voiture de course et j'avais vraiment envie de rouler, donc mon papa m'avait prêté sa Lotus pour que je participe à quelques rallyes. Ca envoyait fort cette voiture! Avec un véhicule comme ça, on avait pas le choix... ça donnait envie de rouler vite en permanence... mais parfois trop. En tout cas, j'en garde de très bons souvenirs.

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Photo, Florian Sedrati

Désormais, changement de monture avec la venue en Clio R3T pour participer au Clio R3T Alps Trophy. Qu'est-ce qui t'a motivé à participer dans cette direction ?
Pour cette saison, le premier souhait était de trouver une voiture plus performante que la 207 afin d'être encore mieux classé au scratch. Nous avons cherché dans un premier temps des voitures du groupe N et du groupe A en 4 roues motrices. Puis, cet hiver, nous avons rédigé un plan de financement et ce dernier a été un déclic puisque ça a vite mis en évidence le fait qu'il était intéressant de faire une formule de promotion pour pouvoir rouler dans une telle auto. En effet, ça offre de belles retombées financières. Le choix de l'Alps Trophy contrairement à d'autres trophées réside dans le fait que nous sommes proches des différentes manches, qu'il est possible de rouler sur deux pays, de participer à des manches européennes et des rallyes magnifiques comme le Mont-Blanc et le Rallye International du Valais. Et surtout, la dernière chose, c'est la possibilité de remporter une participation en Championnat du Monde avec le Monte-Carlo comme dotation finale.

Cette Clio R3T, c'est tout nouveau pour toi. Est-ce que tu as déjà pu la tester ?
J'ai fait 5 kilomètres pour voir ce qui allait et ce qui n'allait pas avant de réviser la voiture. Pour l'instant je n'ai pas beaucoup de feedback dont, mais je l'ai trouvée très sympa sur ce petit run d'essai, mais c'est trop tôt pour en dire plus. Il va clairement me manquer du roulage. Nous attendons actuellement la réception de nos amortisseurs. Après la mise au point du châssis, on devrait enfin pouvoir rouler.

Tu as été très performant par le passé avec la 207 R3T. Est-ce que tu penses pouvoir tirer un parallèle avec la Clio R3T tu penses ?
De toute façon, c'est une voiture à la pointe de la technologie, donc en théorie rapide, mais j'attends de voir les chronos malgré tout...

Avec quel objectif pars-tu dans le Clio R3T Alps Trophy ?
Notre objectif principal sera de faire de notre mieux rallye après rallye et de marquer de bons points. Nous savons que ce ne sera pas facile, en raison de notre manque d'expérience avec la voiture. Pour le moment, le budget est loin d'être bouclé pour la saison, donc n'avons pas le choix que d'être performant!

Tu le disais tout à l'heure, en regardant le plan financier, tu as décidé de partir dans cette formule de promotion du Clio R3T Alps Trophy. Pourquoi avoir choisi uniquement maintenant et pas plus tôt dans ta carrière ?
J'ai déjà fait des formules de promotion en circuit, ce qui m'avait permis de bien progresser dans le milieu. Je reste persuadé que c'est le meilleur choix pour progresser puisque ça permet de s'affronter à voiture égale ou presque. Après participer et vouloir se battre aux avant-postes, c'est encore autre chose. Il est certain que les finances ne sont pas équivalentes. On peut très bien faire d'un pilote moyen un très bon avec du temps et de l'argent. Pour ma part, nous tenterons de participer au plus de manches possibles dans une équipe privée très familiale et entourée d'amis. Ce qui me motive dans cette formule de promotion, c'est de pouvoir rouler dans une vraie voiture de course et de se lancer un nouveau défi puisque je n'ai jamais pris part à un formule de ce genre en rallye. Je pense que je ne m'étais encore jamais lancé là-dedans car les budgets sont importants et m'ont toujours freinés. Je n'aime pas partir dans une voie sans être sûr de pouvoir y arriver au bout. Mais cette année, j'ai décidé de me lancer... Si ça ne marche pas, on arrêtera et on repartira en Coupe de France des Rallyes.

Tu connais déjà le Critérium Jurassien que tu avais parcouru il y a trois ans. Les autres manches suisses sont une inconnue pour toi ?
J'ai effectivement participé au Critérium Jurassien quand il était basé à Delémont. Mais ça risque d'être difficile de rivaliser face à des équipages qui ont participé à de nombreuses reprises à cette épreuve. On verra bien ce que ça donne. En tout cas je suis motivé et ce sera encore le cas cette année. Cyliane Michel, ma copine, m'a quasiment tout le temps copiloté mais cette année je change de personne dans le baquet de droite. Ce sera Alex Florenson qui disputera avec moi ce trophée. Je remercie également au passage tous les partenaires qui nous ont soutenu jusqu'à maintenant dans cette aventure et nous continuons de rechercher de nouveaux pour prolonger l'aventure au maximum.

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Photo, Olivier Wintenberger